Cameroon Tribune

L'économie du continent menacée
Par Athanase Bessala

La pandémie fait des ravages en Afrique où seul 1% de séropositifs ont accès aux antirétroviraux.

Tous les rapports l'attestent : la pandémie du SIDA fait des ravages à travers le continent africain. Les observateurs affirment que le mal est devenu l'un des plus grands obstacles au développement économique du continent. Les chiffres que publie, l'ONUSIDA, seuls, sont édifiants : plus de 30 millions de personnes sont infectées par le VIH en Afrique, soit environ 70% des cas de SIDA dans le monde. Près des trois-quarts des malades du VIH-sida dans le monde, soit 29,4 millions de personnes, vivent en Afrique sub-saharienne. Le taux d'infection semble décliner dans l'est de l'Afrique, l'épidémie ne semble guère évoluer positivement dans le sud du continent. Un adulte africain sur onze est touché par la maladie, tandis que 15 millions d'Africains en sont déjà morts. Plus de 11 millions d'enfants africains ont aussi perdu au moins l'un de leurs parents à cause de l'épidémie, un chiffre qui pourrait atteindre les 20 millions d'ici 2010, selon Onusida. Entre 40 et 50% de policier et de militaires souffrent en effet du VIH/sida dans certains pays d'Afrique. Sur les 4,1 millions d'Africains qui ont besoin de traitements antirétroviraux, seuls 50.000 (soit environ 1%) y avaient accès fin 2002. L'accès aux soins représente en effet un grand défi en Afrique en raison des infrastructures inadéquates, du manque de personnel qualifié et du coût des médicaments.

Pourtant ça et là dans le continent des programmes innovateurs et probants de lutte contre le SIDA, ainsi que des méthodes de prévention et de traitement des malades, existent. Mais ces actions sont trop limitées et ne reçoivent pas suffisamment de fonds pour ralentir la propagation du virus, constate le rapport d'ONUSIDA, intitulé "Accélérer l'action contre le SIDA en Afrique". Une situation que déplore l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Stephen Lewis. Lors du discours inaugural du sommet de Naïrobi, le représentant de Kofi Annan s'en est pris aux pays riches qui dépensent des milliards de dollars pour combattre le terrorisme, alors que des millions d'Africains manquent d'antirétroviraux.

Dans le rapport d'ONUSIDA, "les effets du SIDA en Afrique sont en train d'éroder des décennies d'efforts de développement". "Dans les pays à fort taux de VIH par exemple, les familles se désagrègent, les économies ralentissent et les services sociaux se détériorent", note le rapport dans ses conclusions. "Dans le sud de l'Afrique, où le VIH prédomine plus que partout ailleurs dans le monde, le SIDA a exacerbé les problèmes d'alimentation", poursuit le document. Le même rapport indique que des programmes de prévention et de traitement ont rencontré des succès dans certains pays, notamment la distribution de médicaments génériques au Sénégal, un programme anti-SIDA lancé dans les lieux de travail en Côte d'Ivoire ou encore une campagne de communication sur le virus en Ouganda.

Selon la même source, les dépenses liées à la lutte contre le SIDA ont atteint 950 millions de dollars en 2002, mais les experts estiment que d'ici 2005, il faudra plus de cinq milliards de dollars par an. Mais les pays d'Afrique sub-saharienne tiennent promesses et participent à la lutte contre l'épidémie en y consacrant 250 millions de dollars en 2002.


CONFERENCE DE l’ONU sur le SIDA
RADIO FRANCE INTERNATIONALE

Une urgence sanitaire mondiale

Deux ans après la session spéciale des Nations unies sur le sida, la lutte contre cette maladie est de nouveau à l’ordre du jour de l’ONU à l’occasion de l’assemblée générale qui se déroule actuellement à New York. Kofi Annan, le secrétaire général de l’Organisation, a profité de la présence des représentants des Etats bailleurs de fonds pour rappeler que leur engagement financier est largement inférieur aux besoins et que cette maladie est un véritable fléau contre lequel tout doit être mis en œuvre.

Permettre à trois millions de personnes d’avoir accès aux traitements contre le sida dans les pays pauvres d’ici 2005: cet objectif défini lors de la session extraordinaire de l’assemblée générale des Nations unies sur le sida en 2001 semble aujourd’hui être un défi presque impossible à relever. D’ailleurs Kofi Annan a fait part de son pessimisme sur ce point lorsqu’il est intervenu au siège de l’ONU, lundi. «Nous ne sommes pas sur la voie qui nous permettra de réduire l’impact de cette épidémie d’ici 2005», a-t-il déclaré devant les représentants des Etats. Le secrétaire général des Nations unies a reçu le soutien sur ce thème de Jacques Chirac. Le président français, présent à New York, a déclaré que «le sida n’est plus une fatalité insurmontable» et a proposé que l’ONU consacre une session annuelle à cette maladie pour évaluer les progrès dans la lutte contre le VIH.

Malgré une mobilisation internationale plus importante ces deux dernières années, qui s’est traduite notamment par la création en janvier 2002 du Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, on est toujours loin du compte. Les promesses de contributions ne sont pas à la hauteur des besoins et les choses risquent de s’aggraver si les bailleurs de fonds internationaux ne décident pas de passer à la vitesse supérieure en s’engageant à débloquer des sommes plus conséquentes en faveur de la lutte contre le sida. L’Onusida (Programme des Nations unies sur le VIH/sida) a estimé que d’ici 2005, il manquera environ trois milliards de dollars pour mener des programmes de prévention et de prise en charge de la maladie en Afrique subsaharienne. A ce rythme, ce ne sont donc pas trois millions de malades qui auront accès aux traitements en 2005 mais au maximum un seul. Autant dire que l’objectif de réussir avant cette date à réduire d’un quart le nombre de jeunes contaminés et de moitié la transmission de la mère à l’enfant a lui aussi peu de chances d’être atteint.

Onze millions d’orphelins du sida en Afrique

Dans ce contexte, il est indispensable d’obtenir une mobilisation massive et rapide. Sinon, les conséquences seront terribles comme l’a expliqué le nouveau directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Lee Jong-Wook: «Continuer comme avant, c’est laisser mourir des milliers de personnes tous les jours». Pour le moment en effet, les quelque 30 millions d’Africains qui vivent avec le VIH ne bénéficient quasiment d’aucune prise en charge. Sur les 4,1 millions d’entre eux qui auraient immédiatement besoin d’un traitement antirétroviral, seuls 50 000 en disposent. De la même manière, moins de 1% des femmes enceintes séropositives reçoivent l’information et les médicaments qui leur permettraient d’éviter de contaminer leurs enfants. Quinze millions de malades du sida sont aussi déjà décédés en Afrique subsaharienne et quatorze millions d’enfants ont perdu au moins l’un de leurs parents à cause de cette maladie.

C’est donc pour essayer de remédier à cette situation catastrophique que l’OMS a décidé de relancer la mobilisation internationale et de présenter le 1er décembre, à l’occasion de la journée mondiale contre le sida, un plan d’action dans l’optique de trouver les moyens de respecter les objectifs définis il y a deux ans et d’élargir l’accès aux traitements. Car c’est bien à ce niveau que se situe l’un des principaux enjeux de la lutte contre le virus puisque les médicaments existent, permettent d’allonger l’espérance et les conditions de vie des personnes contaminées, mais ne sont pas diffusés dans les pays du Sud faute d’argent. Alors que pour l’OMS, il s’agit «d’une urgence sanitaire mondiale». Un point de vue largement partagé par les participants de la 13ème Conférence internationale sur le sida en Afrique, organisée actuellement à Nairobi, qui ont mis le thème de l’accès aux traitement à l’ordre du jour de leurs travaux. Stephen Lewis, l’envoyé spécial de Kofi Annan à la Conférence, a fait part de son indignation sur cette question en déclarant: «Comment est-ce possible qu’en 2003, alors que nous trouvons 200 milliards de dollars pour mener la guerre contre le terrorisme… nous ne puissions pas procurer de traitement antirétroviral à tous ceux qui en ont besoin en Afrique?».
VALÉRIE GAS


Le Soleil (Sénégal)

58e assemblée générale de l'ONU : Me Abdoulaye Wade plaide pour une politique hardie de sensibilisation contre le SIDA

Le Président de la République, Me Abdoulaye Wade, a fait un vibrant plaidoyer pour une politique hardie de sensibilisation contre le SIDA, soulignant que c'est à ce prix qu'il sera possible de lutter et de vaincre la pandémie.

" Lutter contre le SIDA, c'est d'abord en parler, c'est vaincre l'ignorance, c'est briser les tabous pour créer un état d'esprit favorable à une véritable prise de conscience du mal ", a déclaré le président Wade. Me Abdoulaye Wade intervenait lundi, à New York, à la tribune des Nations Unies, dans le cadre du débat plénier consacré à la suite à donner aux résultats de la 26-eme session extraordinaire de l'Assemblée Générale sur la mise en oeuvre de la déclaration d'engagement sur l'immunodéficience humaine et le syndrome d'immunodéficience acquis (vih/sida).

Pour le Chef de l'Etat sénégalais, outre l'information qu'elle requiert, la politique de sensibilisation portera sur la prise en charge des malades et " porteurs aux plans affectif, psychologique et thérapeutique ".

À ce propos, il s'est réjoui de la mise en place du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, tout en lançant un appel aux partenaires bilatéraux pour une augmentation des ressources dudit fonds qui ne couvre actuellement que " 11 pour cent des besoins ".

" Il ne faut jamais se lasser de le dire avec force : l'efficacité d'un traitement médical n'a de sens et d'impact réel que s'il est accessible au plus grand nombre de patients ", a dit le chef de l'Etat avant d'ajouter : " ensemble, nous devons alors mettre fin à cette logique aussi infernale que paradoxale qui veut que les médicaments soient au Nord et les malades au Sud ".

Le Chef de l'Etat a offert les exemples du Sénégal qui, grâce à une politique hardie de sensibilisation, a maintenu son taux d'infection au virus du sida à 1,4 pour cent et de l'Ouganda dont le taux est passé du stade plus de 10 pour cent, à un taux faible, soulignant que la stratégie du Sénégal est basée sur " la rapidité dans la réponse et l'esprit d'anticipation ".

" Notre plan stratégique de lutte 2002-2006 entend obéir à cette exigence ", a-t-il dit, ajoutant qu'en plus du dépistage systématique des dons de sang, nous en sommes maintenant à la décentralisation des centres de dépistage anonyme et volontaire ".

Tout en faisant référence à la baisse dont a bénéficié le Sénégal auprès des grands groupes pharmaceutiques du prix des anti-rétroviraux pour 95 pour cent, il a rendu hommage " aux guides religieux qui, par le sermon et le prêche, apportent un complément indispensable a l'action des pouvoirs publics ". Ainsi, selon lui, " le Sénégal a démontré qu'un pays en développement peut bien maintenir le taux de prévalence dans des limites comparables a ceux de certains pays développés ". En ce qui concerne l'Ouganda, Me Wade estime que son expérience atteste " qu'il est toujours possible pour un pays en voie de développement qui en a de la volonté d'inverser la courbe ascendante du taux d'infection ". " La démonstration est donc faite qu'il n'y a ni fatalité du sida qui condamne à la résignation, ni corrélation absolue entre sous-développement et propagation du sida ".


L'Acadie Nouvelle

Lutte contre le sida

Les dirigeants du monde doivent maintenir le cap

Nations Unies - Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a demandé hier aux responsables du monde entier de maintenir la lutte contre le SIDA parmi leurs priorités, soulignant que les objectifs de réduction de l'épidémie ne pourraient être atteints faute de solutions politiques et financières adéquates.

"Nous ne sommes pas sur la voie menant à un recul de l'épidémie d'ici à 2005, que ce soit son ampleur ou son impact", a déploré Kofi Annan lors de l'ouverture de la session spéciale de l'Assemblée générale de l'ONU consacrée au virus VIH.

À cette occasion, les 191 pays membres doivent mesurer les progrès effectués en deux ans, date de la dernière réunion sur la maladie. Dans un rapport rédigé par l'ONUSIDA, des experts mettent en avant les lacunes persistant dans de nombreux domaines tels que l'accès aux médicaments, la prise en charge des orphelins et la prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant.

Sans budget supplémentaire et une réelle volonté politique, il semble impossible d'atteindre les deux buts que s'étaient fixé les Nations unies, à savoir trois millions de personnes traitées dans les pays en développement d'ici 2005 mais aussi l'arrêt de la progression de l'épidémie d'ici 2015, affirment les experts.

Ce rapport sur les avancées effectuées en matière de lutte contre le VIH ces deux dernières années a été rédigé par l'ONUSIDA -l'agence onusienne chargée de coordonner les efforts internationaux en matière de lutte contre la maladie- à partir d'informations fournies par 103 des 189 pays signataires de la Déclaration d'engagement sur le SIDA en 2001.

Aujourd'hui, seules 300.000 personnes ont accès aux médicaments dans les pays en développement, alors que 5 à 6 millions de malades en ont besoin, déplore ce rapport.

Le Brésil, qui a largement mis en oeuvre le programme, représente plus d'un tiers des patients dans les pays en développement qui reçoivent un traitement. En revanche, il n'y a que 50 000 patients sous médication en Afrique sub-saharienne pour plus de 4 millions de malades en attente.

Plus inquiétant encore, les experts n'ont constaté aucun ralentissement dans la progression de la maladie, qui touche 40 millions de personnes de par le monde, dont 29 millions d'Africains.

Si la lutte contre le SIDA ne s'améliore pas, l'ONUSIDA prévoit 45 millions de contaminations d'ici 2010. La Chine, l'Inde et la Russie figurent parmi les pays où la pandémie progresse le plus rapidement.

De plus, peu de données indiquent que le financement de la lutte contre le SIDA augmentera suffisamment pour combattre la maladie: selon l'ONUSIDA, quelque 1,6 millions $ US (2,15 millions $ CAN) manquent à l'appel.

"Nous reculons car la demande en matière de prévention, et en particulier le traitement de la maladie, progresse plus vite que nos ressources", a expliqué Paul De Lay, directeur du contrôle et de l'évaluation de l'ONUSIDA.

Ce rapport s'inscrit dans la ligne des critiques des militants qui reprochent aux Etats-Unis de ne pas remplir sa mission dans la lutte contre le SIDA. Bien que l'administration Bush ait promis quelque 15 milliards $ US (20 milliards $ CAN) sur cinq ans pour combattre la maladie, le Congrès n'a affecté que pour 2 des 3 milliards $ US (2,7 et 4 milliards $ CAN) disponibles pour 2004.

Cependant les fonds globaux pour le SIDA a progressé: cette année, les dépenses pour les programmes de lutte contre le SIDA dans les pays en développement atteindront les 4,7 milliards $ US (6,32 milliards $ CAN), soit 20 % de plus qu'en 2002.


XINHUA (Chine)

L'ONUSIDA plaide pour davantage de ressources financières à la lutte contre le sida en Afrique

GENEVE, 22 septembre () -- Les gouvernements africains ont fait des efforts efficaces pour renverser le cours du sida en Afrique, et la communauté internationale doit répondre avec des ressources financières, indique l'ONUSIDA dans son dernier rapport, Accélérer l'action contre le sida en Afrique, publiée lundi à Genè ve.

Selon les données de l'ONUSIDA, dans cette lutte contre la plus dangereuse maladie de l'humanité, tant les gouvernements africains,la communauté internationale que des individus, ont beaucoup dépens é. Le Secrétariat de l'ONUSIDA a documenté en 2000 -- l'année la plus récente pour laquelle l'ONUSIDA a calculé les chiffres de dé penses régionales, de l'ordre de 250 millions de dollars pour le SIDA par les gouvernements de l'Afrique subsaharienne.

Par ailleurs, l'addition de dépenses non documentées pourrait rapprocher ce montant de la portion des dépenses africaines recommandées par l'ONUSIDA, soit 20% du total de la capacité des programmes projetés pour la région.

Une grande partie des dépenses consacrées au VIH/sida en Afrique ne provient ni des gouvernements ni des donateurs, mais des individus. 90% des medicaments en Afrique sont payés par des individus, et non par des programmes gouvernementaux.

En même temps, les dépenses internationales s'accroissent. En 2000, les dépenses de la communauté internationale pour le VIH/ sida en Afrique ont largement dépassé le chiffre approximatif de 550 millions de dollars. Pourtant, même avec les récentes augmentations des dépenses relatives au sida, la disparité entre les besoins et le financement continue d'être l'un des plus grands obstacles au combat pour juguler l'épidémie.

"L'Afrique est en train de relever le défi. La communauté internationale répond également avec des ressources techniques et financièrement accrues", indique le rapport


Le NOUVEL OBSERVATEUR

Annan pessimiste

"Nous ne sommes pas sur la voie menant à un recul de l'épidémie", a affirmé le secrétaire général des Nations unies devant l'Assemblée générale.

Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a demandé lundi aux responsables du monde entier de maintenir la lutte contre le SIDA parmi leurs priorités, soulignant que les objectifs de réduction de l'épidémie ne pourraient être atteints faute de solutions politiques et financières adéquates.
"Nous ne sommes pas sur la voie menant à un recul de l'épidémie d'ici à 2005, que ce soit son ampleur ou son impact", a déploré Kofi Annan lors de l'ouverture de la session spéciale de l'Assemblée générale de l'ONU consacrée au virus VIH.

Des lacunes persistantes

A cette occasion, les 191 pays membres doivent mesurer les progrès effectués en deux ans, date de la dernière réunion sur la maladie. Dans un rapport rédigé par l'ONUSIDA, des experts mettent en avant les lacunes persistant dans de nombreux domaines tels que l'accès aux médicaments, la prise en charge des orphelins et la prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant.
Sans budget supplémentaire et une réelle volonté politique, il semble impossible d'atteindre les deux buts que s'étaient fixé les Nations unies, à savoir trois millions de personnes traitées dans les pays en développement d'ici 2005 mais aussi l'arrêt de la progression de l'épidémie d'ici 2015, affirment les experts.
Ce rapport sur les avancées effectuées en matière de lutte contre le VIH ces deux dernières années a été rédigé par l'ONUSIDA -l'agence onusienne chargée de coordonner les efforts internationaux en matière de lutte contre la maladie- à partir d'informations fournies par 103 des 189 pays signataires de la Déclaration d'engagement sur le SIDA en 2001.
Aujourd'hui, seules 300.000 personnes ont accès aux médicaments dans les pays en développement, alors que 5 à 6 millions de malades en ont besoin, déplore ce rapport.

Aucun ralentissement

Le Brésil, qui a largement mis en œuvre le programme, représente plus d'un tiers des patients dans les pays en développement qui reçoivent un traitement. En revanche, il n'y a que 50.000 patients sous médication en Afrique sub-saharienne pour plus de 4 millions de malades en attente.
Plus inquiétant encore, les experts n'ont constaté aucun ralentissement dans la progression de la maladie, qui touche 40 millions de personnes de par le monde, dont 29 millions d'Africains.
Si la lutte contre le SIDA ne s'améliore pas, l'ONUSIDA prévoit 45 millions de contaminations d'ici 2010. La Chine, l'Inde et la Russie figurent parmi les pays où la pandémie progresse le plus rapidement.
De plus, peu de données indiquent que le financement de la lutte contre le SIDA augmentera suffisamment pour combattre la maladie: selon l'ONUSIDA, quelque 1,6 millions de dollars (1,39 millions d'euros) manquent à l'appel.
"Nous reculons car la demande en matière de prévention, et en particulier le traitement de la maladie, progresse plus vite que nos ressources", a expliqué Paul De Lay, directeur du contrôle et de l'évaluation de l'ONUSIDA.
Ce rapport s'inscrit dans la ligne des critiques des militants qui reprochent aux Etats-Unis de ne pas remplir sa mission dans la lutte contre le SIDA. Bien que l'administration Bush ait promis quelque 15 milliards de dollars (13 milliards d'euros) sur cinq ans pour combattre la maladie, le Congrès n'a affecté que pour 2 des 3 milliards de dollars (1,74 et 2,62 milliards d'euros) disponibles pour 2004.
Cependant les fonds globaux pour le SIDA a progressé: cette année, les dépenses pour les programmes de lutte contre le SIDA dans les pays en développement atteindront les 4,7 milliards de dollars (4,10 milliards d'euros), soit 20% de plus qu'en 2002.


LIBERATION

Sida : l'ONU pointe la lenteur des progrès

Hier, à New York, l'assemblée générale a dénoncé les inégalités mondiales

Sur le front du sida, la riposte mondiale reste toujours très en deçà de la gravité de la situation. Hier à New York, à l'occasion d'une séance spéciale de l'Assemblée générale de l'ONU, de nombreuses voix ont présenté un tableau très inquiétant de la solidarité mondiale. «Nous avons fait un long chemin pour lutter contre le sida en Afrique, continent ravagé par la pandémie, mais ce n'est pas assez», a déclaré, très diplomatiquement, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan. «Aujourd'hui, nos études résonnent comme un dramatique appel pour que le monde se réveille», a surenchéri Peter Piot, directeur exécutif de l'ONU-sida, évoquant alors une série de travaux inédits, tous pointant la lenteur des progrès. L'ONU-sida a ainsi analysé la situation dans 103 pays, regroupant 90 % des cas de sida dans le monde. D'abord, un constat : «Une très grande partie des dépenses consacrées au VIH en Afrique ne provient ni des gouvernements ni des donateurs, mais des individus. 90 % des médicaments en Afrique sont payés par des individus et non par des programmes gouvernementaux.»

Information. La prévention n'est pas mieux lotie. La question de la prévention de la contamination de la mère à l'enfant demeure : «Alors que l'on peut diminuer de moitié cette contamination, en Afrique subsaharienne, à l'exception du Botswana, moins d'1 % des femmes ont reçu de l'information et des traitements.» En dépit des déclarations, côté traitements, cela bouge lentement : «Dans les pays de faible ou de moyen revenu, seulement 300 000 personnes reçoivent des médicaments, alors que l'on estime que 6 millions en ont besoin... En Afrique subsaharienne, 50 000 personnes avaient accès aux traitements antirétroviraux à la fin 2002, soit à peine 1 % des 4,1 millions de personnes qui en ont besoin.»

Comme en écho à cette situation, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est engagée, hier à New York, à prendre des mesures d'urgence pour faciliter l'accès aux médicaments dans les pays en développement : «Pour offrir un traitement antirétroviral aux millions de personnes qui en ont besoin, nous devons changer notre façon de voir et notre façon d'agir», a affirmé le nouveau directeur général, Lee Jong-wook. «Continuer comme avant, c'est laisser mourir des milliers de personnes tous les jours.» L'OMS doit présenter le 1er décembre un plan visant à fournir, d'ici à la fin 2005, des médicaments à trois millions de personnes.

«Obscénité». Dimanche soir, à Nairobi, lors de l'ouverture de la Conférence internationale sur le sida en Afrique qui doit s'achever jeudi, Stephen Lewis, envoyé spécial de l'ONU, s'est emporté : «Comment est-il possible qu'en 2003, alors que nous trouvons 200 milliards de dollars pour mener la guerre contre le terrorisme, nous ne puissions pas trouver l'argent pour fournir un traitement antirétroviral à tous ceux qui en ont besoin en Afrique ? Voilà l'obscénité grotesque du monde moderne.»


XINHUA

La Chine s'engage à contribuer à la lutte contre le sida, selon le vice-ministre chinois de la Santé publique

La Chine a toujours attaché une grande importance à la prévention du sida et souhaite contribuer au contrôle mondial de la maladie, a déclaré un haut responsable chinois de la santé publique lundi.

A l'occasion de la réunion à haut niveau sur le sida de l'Assemblée générale des Nations unies, le vice-ministre exécutif chinois de la Santé publique, Gao Qiang a déclaré que le gouvernement chinois appréciait les efforts sans relâche et les contributions remarquables apportées par les Nations unies pour promouvoir les actions mondiales contre le sida.

M. Gao a indiqué que le gouvernement chinois considérait le sida comme une menace sérieuse à la sante publique et à la sécurité, un problème stratégique pour la stabilité sociale, la croissance économique, la prospérité et la sécurité nationales, et avait fait des efforts contre le sida une priorité.

Le gouvernement chinois a également élaboré un plan stratégique à moyen et long terme et un plan d'action pour prévenir et contrôler le sida, tout en prenant des mesures pour réprimer les activités criminelles telles que la collecte illégale de sang, la contrebande, le trafic de drogue et la prostitution.

Parallèlement, les gouvernements centraux et locaux ont alloué 6,8 milliards de yuans (822,2 millions de dollars) pour mettre en place et améliorer le mécanisme de prévention et de contrôle des maladies dans diverses provinces et investi 2,25 milliards de yuans (272 millions de dollars) pour améliorer les centres de collecte de sang dans les régions centrale et occidentale de Chine.

Il a affirmé que la Chine développait actuellement à l'échelle nationale un mécanisme de prévention et de traitement du sida marqué par "la direction du gouvernement, la coopération multi- sectorielle et la participation du public".

Cependant, le ministre a noté que le sida n'était pas sous contrôle en Chine. Il a révélé la Chine comptait environ 840 000 séropositifs dont 80 000 patients atteints du sida.

La Chine fait toujours face à de rudes tâches en matière de prévention et de traitement du sida, a-t-il déclaré, soulignant l'écart important de revenus dans les différentes régions, le sous- développement des régions rurales et les actions criminelles telles que le trafic de drogue et la prostitution qui contribuent à la propagation du sida.

Il a fait part de la détermination du gouvernement chinois à combattre la propagation du sida, en citant une série de mesures telles que l'amélioration des lois et règlementations, le lancement de campagnes de prévention, la protection des droits légitimes des séropositifs et malades du sida, le combat contre la discrimination à leur égard, la promotion de la coopération internationale.

Ces mesures comprennent également le versement de 10 millions de dollars au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria et la mise à disposition de médicaments et de traitements gratuits pour les séropositifs et malades du sida pauvres dans les zones urbaines et tous les malades dans les zones rurales.

La Réunion de haut niveau de l'Assemblée générale sur le sida s'est ouverte mardi matin et doit se poursuivre jusqu'à lundi prochain.

Les représentants de plus de 130 pays membres des Nations unies et d'organisation internationales, dont 18 chefs d'Etat et de gouvernement doivent prendre la parole lors de cette réunion.


Le DEVOIR (Canada)

Débat sur la lutte contre le sida - L'ONU lance un cri d'alarme

Réunis hier au siège de l'Organisation des nations unies à New York, de nombreux chefs d'État et des ministres ont dû reconnaître, une fois de plus, que l'immense majorité des victimes du sida n'ont toujours pas accès aux soins,particulièrement en Afrique.

New York -- Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a lancé hier à New York un cri d'alarme devant l'insuffisance des moyens pour combattre le sida, épidémie qui a déjà fait 20 millions de morts, et réclamé une plus forte mobilisation internationale.

«Nous ne sommes pas sur la voie qui nous permettra de réduire l'impact de cette épidémie d'ici à 2005», a déclaré M. Annan lors de l'ouverture du débat sur le sida, organisé par l'Assemblée générale de l'ONU. Ce débat a rassemblé plus de 130 orateurs, dont 18 chefs d'État et une centaine de ministres.

Ce débat intervient alors qu'un rapport de l'OMS (organisation mondiale de la santé) publié en marge de la conférence indique que six millions de personnes sont en attente d'un traitement et que le sida a tué trois millions de personnes en 2002, soit une personne toutes les dix secondes, plus de 8000 par jour.

«Nos ressources ont augmenté, mais l'action sur le terrain reste encore loin de ce qui est nécessaire», a ajouté le secrétaire général soulignant que moins de la moitié des sommes nécessaires pour lutter contre cette épidémie avait été trouvée. Seuls 4,7 milliards de dollars sur les dix milliards de dollars prévus d'ici à 2005 ont été récoltés.

Le président français Jacques Chirac a demandé à l'ONU de déclarer «l'état d'urgence sanitaire mondiale» contre le sida. M. Chirac a souligné que le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, mis en place par l'ONU, avait besoin «d'au moins trois milliards de dollars chaque année» et a proposé que l'Assemblée générale consacre chaque année une session à la lutte contre l'épidémie.

Selon le rapport de l'OMS, présenté par M. Annan, moins de 5 % des six millions de personnes contaminées par le virus ont accès à un traitement et sont dans leur très grande majorité des patients venant de pays développés. De même, seulement une femme enceinte sur 20 a accès aux traitements qui réduiraient les risques de transmission au nouveau-né.

Depuis le début de l'épidémie, le virus a déjà tué plus de 20 millions de personnes et, à ce jour, au moins 42 millions d'autres sont contaminées.

En 2001, l'Assemblée générale de l'ONU sur le sida s'était engagée à mobiliser les ressources permettant, avant 2005, de réduire d'un quart le nombre de jeunes contaminés et de réduire de moitié la taux de transmission du virus aux nouveau-nés. «Le rapport est clair comme du cristal, aucun de ces objectifs ne sera atteint», a souligné Kofi Annan. La plupart des orateurs, notamment les chefs d'État des pays africains ont dressé dans leur intervention le tableau de l'épidémie dans leur pays et ont souligné, comme le Sénégalais Abdoulaye Wade : «Il n'y a qu'une priorité : passer de l'engagement à l'action.» Seules 300 000 personnes séropositives reçoivent un traitement antirétroviral, a pour sa part indiqué, en marge du débat, le Dr Lee Jong-wook, directeur général de l'OMS.

Le même message du secrétaire général avait été lu à Nairobi à l'attention des 8000 médecins, chercheurs, responsables politiques et associations participant à la 13e conférence internationale sur le sida et les maladies sexuellement transmissibles en Afrique (Cisma).

L'Afrique est le continent le plus touché par l'épidémie et regroupe 30 millions des 42 millions de personnes touchées dans le monde.

XINHUA (Chine)

Les dirigeants du monde s'engagent à durcir la bataille contre le sida

Les dirigeants présents à la session spéciale de l'Assemblée générale des Nations Unies sur le sida ont promis lundi de renforcer le combat contre l'épidémie dévastatrice avec davantage de fonds et des mesures concrètes.

Les dirigeants ont pris cet engagement après que le secrétaire général Kofi Annan eut déploré, dans son discours d'ouverture, le retard de la bataille sur la progression de la maladie. M.Annan a aussi souligné que des progrès avaient été réalisés dans la campagne mondiale contre le sida depuis la déclaration conjointe des dirigeants faite lors d'une session speciale de l'Assemblée générale il y a deux ans, dans laquelle ils s'engageaient à combattre la maladie.

L'année dernière, les dépenses consacrées à cette lutte dans les pays à faible ou moyen revenu a augmenté de 20%, a indiqué le secrétaire général. Parallèlement, le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et la malaria, soutenu par les Nations Unies, y a consacré 1,5 milliard de dollars.

"Cependant, nous n'avons pas atteint plusieurs des objectifs fixés pour cette année. Et, plus important encore, nous ne sommes pas en passe de commencer à réduire l'échelle et l'impact de l'épidémie d'ici 2005" a-t-il souligné.

M.Annan a indiqué que sans mesures radicales, la communauté internationale ne pourrait pas atteindre les objectifs fixés pour 2005, notamment la réduction d'un quart du nombre des jeunes affectés par le HIV dans les régions les plus touchées et la baisse du rythme d'infection des nourissons.

Le président français, Jacques Chirac, a quant à lui déclaré que la bataille contre le sida n'était plus une simple question sanitaire, mais "un impératif moral", qui s'intégrait dans la paix et la sécurité mondiales. (à suivre)

Il a souligné que pour soigner 3 millions de personnes dans la région sud de l'Afrique, le Fonds mondial de lutte avait besoin de 3 milliards de dollars supplémentaires d'ici 2005. Il a proposé que l'Union européenne et les Etats-Unis accordent un milliard de dollars et que les autres pays donateurs versent le milliard restant.

Le président nigérian Olusegun Obasanjo a enjoint les pays n'ayant pas encore remis l'argent promis au Fonds mondial à verser leur contribution. Il a fait entendre que le Nigéria avait déjà versé 10 millions de dollars au Fonds.

Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell, soulignant que le sida tue plus que toute attaque terroriste, a proposé l'adoption d'une résolution réitérant la nécessité pour tous les pays d'atteindre les objectifs fixés dans la déclaration, à commencer par ceux de 2003.

Le président américain G.W.Bush a proposé de dépenser 15 milliards de dollars à la lutte contre le sida au cours des cinq prochaines années. Le Congrès en a déjà accordé 2 pour la première année.

En 2002, 42 millions de personnes étaient affectées par le virus du sida, selon les chiffes des Nations Unies, qui prévoit l'infection de 45 millions de personnes supplémentaires d'ici 2010. La maladie a fait plus de 23 millions de morts au cours des deux dernières décennies et 14 millions d'enfants ont perdu au moins l'un de leurs parents en raison de la maladie.


Les dirigeants africains appellent à un partenariat international plus puissant pour lutter contre le sida

Les dirigeants de pays africains participant à la réunion de haut niveau sur le sida dans le cadre de l'actuelle Assemblée générale des Nations unies ont appelé lundi à un partenariat international plus puissant pour lutter contre cette épidémie.

Joaquim Alberto Chissano, président mozambicain et président de l'Union africaine, a indiqué que le sida était une catastrophe humaine sans précédent dans cette ère et que la lutte contre cette maladie constituait un défi mondial nécessitant une collaboration à l'échelle mondiale.

Tout en mettant à profit les approches régionales et sous- régionales pour un traitement efficace, l'Afrique affirme la nécessité d'un partenariat international plus puissant, particulièrement entre les secteurs public et privé, afin de lutter avec succès contre le sida, a dit M. Chissano.

Le président a également affirmé que le problème mondial du sida nécessitait une action mondiale, que tous les pays étaient à bord d'un même bateau et devaient travailler ensemble.

Selon UNAIDS, un programme conjoint des Nations unies contre le sida, 42 millions de personnes dans le monde vivent avec le virus du sida, dont 70% se trouvent en Afrique, où le taux d'infection continue d'augmenter.

Cette situation a fortement affecté le tissu social et économique des communautés et constitué un obstacle majeur à la réalisation des objectifs de développement du millénaire, a noté M. Chissano.

Les objectifs de développement du millénaire, fixés par les dirigeants du monde lors du Sommet du millénaire en 2000, engagent la communauté internationale à réduire de moitié le nombre des personnes vivant dans une extrême pauvreté, ainsi qu'à arrêter et inverser la propagation du sida d'ici 2015, entre autres.

Abdelaziz Bouteflika, président algérien, a également souligné le rôle clé du secteur privé et de la société civile dans la garantie des ressources supplémentaires pour la lutte anti-sida.

Il est nécessaire d'assurer une meilleure coordination et une utilisation optimale des ressources, a-t-il ajouté.

Josef Kabila, président de la République démocratique du Congo, a déclaré que le conflit dans son pays avait exacerbé la propagation du virus du sida. La communauté internationale ne doit pas oublier une guerre plus insidieuse, avec laquelle il n'y a pas de cessez-le-feu ou de négociations de paix, la guerre contre le sida, a-t-il affirmé lors de la réunion.

M. Kabila s'est dit convaincu qu'une coopération large à tous les niveaux constituait le moyen de lutter contre cette maladie dans les années à venir, ajoutant que l'on comptait environ 3 millions de séropositifs dans son pays et plus d'un million d'orphelins atteints du sida.

Le président nigérian Olusegun Obasanjo a affirmé que les ressources inadéquates, le manque de capacités techniques dans les pays en développement et les coûts élevés des médicaments pour les victimes du sida faisaient partie des problèmes devant être traités à l'échelle internationale.

Il a appelé à prendre en compte dans les recherches les besoins de santé dans les pays en développement et à augmenter les fonds destinés à la recherche pour la mise au point d'un vaccin contre le virus.

Marc Ravalomanana, président de Madagascar, a dit espérer que les délégués quitteraient la réunion en ayant progressé sur la voie d'une action spécifique et des moyens de la mettre en oeuvre. "Nous ne devons pas attendre parce que le sida n'attend pas", a-t- il affirmé.

Abdoulaye Wade, président du Sénégal, a souligné qu'une crise mondiale nécessitait une action mondiale. Il est d'importance primordiale de remédier à la situation où les médicaments nécessaires à la lutte contre le sida se trouvent dans les pays riches, alors que les patients sont dans les pays pauvres, a-t-il noté.

Les représentants venus de plus de 130 pays et d'organisations internationales, dont des chefs d'Etat et de gouvernement de 18 pays, doivent prendre la parole lors de cette réunion destinée à faire le point sur l'application de la Déclaration d'engagement envers le sida, adoptée lors d'une session spéciale de l'Assemblée générale des Nations unies en 2001


CONFERENCE DE NAÏROBI
Cameroon Tribune (Yaoundé)

Croisade africaine contre le Sida : le continent entend intensifier la lutte contre la pandémie

Brice Mbeze

La 13ème conférence internationale sur le Sida en Afrique (Cisma), s'est ouverte dimanche à Naïrobi au Kenya. Pendant cinq jours, quelque 8.000 délégués vont réfléchir sur les causes et conséquences de cette maladie.

Politiques, chercheurs, ONG, ont engagé une vaste réflexion qui vise à trouver les voies et moyens pour s'attaquer au Vih/Sida. Le but des assises de Nairobi est de concevoir des stratégies pour lutter contre la pandémie qui ravage le continent. Lors du discours inaugural de ce sommet qui se tient tous les deux ans, l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Stephen Lewis, s'en est pris aux pays riches qui dépensent des milliards de dollars pour combattre le terrorisme, tandis que des millions d'Africains manquent désespérément de médicaments antirétroviraux. "Comment est-ce possible qu'en 2003, alors que nous trouvons 200 milliards de dollars pour mener la guerre contre le terrorisme, nous ne puissions pas (...) procurer de traitement anti-retroviral à tous ceux qui en ont besoin en Afrique ?", s'est indigné Stephen Lewis. "Ce double traitement constitue l'obscénité grotesque du monde moderne", a-t-il ajouté. Cette conférence est organisée autour du thème "accès aux soins et défis inhérents".
Le principal problème à la lutte contre ce mal est celui du financement. Pour 2005, "il manquera, selon les prévisions actuelles, 3 milliards de dollars pour l'Afrique sub-saharienne, ce qui représente un obstacle majeur à la mise en oeuvre et à l'expansion des programmes de prévention et de prise en charge qui sont nécessaires de toute urgence", indique un rapport de l'Onusida. La conférence de Naïrobi doit dresser une sorte de " feuille de route " contre cette pandémie qui sème émoi et désolation à travers le continent. Il est surtout question de recenser les actions, de les cibler et de mettre en place une véritable politique de lutte. L'argent étant le nerf de la guerre, la 13ème conférence internationale sur le Sida en Afrique est l'occasion propice pour faire un appel de fonds en direction des pays du Nord qui ont été vivement interpellés à l'ouverture des assises par le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan. Cette conférence se tient au moment où l'ONU, à l'occasion de sa 58ème assemblée générale qui s'ouvre ce matin à New York, se penche également sur la pandémie. La concomitance de la tenue du Cisma et de l'assemblée générale de l'ONU ne peut être qu'une bonne chose. La communauté internationale sonne la mobilisation autour du Sida.


VOICE of AMERICA

AIDS Activists Disrupt Nairobi Conference

Several dozen activists infected with the HIV virus have disrupted an African aids conference, demanding "less talk and more drugs" from their governments.
Media reports from the conference site in the Kenyan capital Nairobi say the demonstrators, carrying placards with the message, "You talk, We die," stormed a press center and a pharmaceutical trade show.

Reports say police were called, but the confrontations ended peacefully with no arrests.

The noisy protest targeted the 13th International Conference on AIDS and Sexually Transmitted Infections in Africa. Thousands of medical experts, government officials and representatives of the world's biggest drug makers are attending the week-long meeting. Their discussions are focusing on ways to distribute drugs to people most in need.

About three-quarters of the world's HIV-infected population - almost 30 million people - live in sub-Saharan Africa. In a report issued at the conference, the humanitarian organization Doctors Without Borders estimates four million AIDS patients in Africa urgently need the anti-retroviral drugs used to treat the deadly disease, but only one percent receive them.

Western pharmaceutical companies this week reported on how they are cutting the price of AIDS medications to make them more affordable, particularly in Africa.


JAPAN TODAY

World Bank, UNAIDS praise Japan for AIDS funds

NAIROBI — The United Nations Program on HIV/AIDS and the World Bank on Tuesday praised the Japanese government for providing financial support in the fight against HIV/AIDS in sub-Saharan Africa.

In a ceremony held in Nairobi at the ongoing International Conference on AIDS and Sexually Transmitted Infections in Africa, officials from the two bodies said Japan had contributed a lot toward the prevention and management of AIDS in Africa. (Kyodo News)


REUTERS (Grande Bretagne)

"Less talk, more drugs" say African AIDS activists

By James Macharia

NAIROBI (Reuters) - Dozens of African activists infected with the HIV virus disrupted an AIDS conference in Kenya's capital Nairobi on Wednesday, demanding "less talk and more drugs" from their governments.

Carrying a sea of placards, with the words: "You talk, we die" and "African leaders, shame!", the activists from several African nations said they were disgusted with talk rather than action to make treatment more affordable to AIDS victims.

About 100 people stormed into the press centre at the 13th International Conference on AIDS and Sexually Transmitted Infections in Africa (ICASA), and ejected World Bank officials making a presentation.

They shouted, jumped and lay on the ground. Police were called in but made no arrests.

"We say no to conferences and yes to drugs, you talk we die. Everyone in this conference is just talking and talking," said Prudence Mabele of South Africa.

"We must make sure our (Thabo) Mbekis, our (Mwai) Kibakis and (Olusegun) Obasanjos act now to make the drugs cheaper," she added, referring to the Presidents of South Africa, Kenya and Nigeria respectively.

The activists disrupted a news conference called by the World Bank on a study showing how the HIV/AIDS epidemic could be pushing South Africa's economy to the brink of collapse.

The report, first issued in Washington in July, urges governments to do more to tackle the killer disease.

The activists are part of the Pan-African AIDS Treatment Access Movement (PATAM) which seeks more government funds to subsidise anti-AIDS drugs. PATAM has members in more than 20 countries.

"Nutrition is being discussed here as an alternative," Nigerian activist Mohammed Farouk said. "We say it's not an alternative, it is not the same as antiretrovirals (ARVs). We want the treatment, we want ARVs and we want them to be cheap."

The United Nations UNAIDS agency says 42 million people are infected with HIV worldwide with 29.4 million of them in Africa.

Only one percent of four million Africans who need the ARV drugs to fight AIDS receive them, the Medecins Sans Frontieres charity said in a report issued at the conference.

The U.N.'s top expert on AIDS in Africa, Stephen Lewis has criticised the United States and its allies for spending $200 billion on countering terrorism and on the Iraq war, while doing little to combat AIDS which threatens an entire continent.

DRUG MAKERS ALSO BLAMED

"I am ashamed of African leaders and their empty talk," Kenyan activist Mercy Otim said. "A quarter of a million Kenyans will die soon if they do not get treatment urgently."

Kenya says it loses about 700 people to AIDS daily. An estimated 7,000 AIDS sufferers are on ARVs treatment in the east African country, 3,000 of whom buy the drugs for themselves.

MSF, one of the charities which give the rest free treatment, says the average cost of the cheapest generic ARV is around $300 per year. More than half of all Kenyans live on less than a dollar per day.

"Drug manufacturers must also help reduce costs of ARVs," Dokla Kokouvi of Togo said. "They make profits from the expensive drugs and help sponsor this kind of conferences but that is just whitewashing their images."

Pharmaceutical companies released a report to the United Nations in New York on Monday, showing at least 76,300 Africans received cut-price HIV/AIDS drugs from six Western drugmakers in June this year, up from 35,500 in March 2002.


AFP

Nouveau risque pour l'Afrique: le marché noir des antirétroviraux

Richard INGHAM

NAIROBI (AFP) - L'arrivée tant attendue en Afrique des antirétroviraux pour lutter contre le VIH pourrait paradoxalement présenter un risque important pour ce continent ravagé par la pandémie, ont mis en garde mardi des spécialistes du sida à Nairobi.

L'émergence probable d'un marché noir de ces médicaments pourrait à terme favoriser le développement de résistance au traitement et donc partiellement annuler ses effets bénéfiques, ont-ils souligné lors de la 13ème Conférence internationale sur le sida en Afrique (Cisma).

Si les patients du VIH-sida ne suivent pas à la lettre les prescriptions pour prendre les antirétroviraux, qui ont fait du sida une maladie contrôlable, ils risquent en effet de développer des résistances au traitement.

"En ce moment, le marché noir (pour les antirétroviraux en Afrique) est très petit, ou n'existe pas, parce que les médicaments sont rares, restent très chers ou que leur distribution est étroitement contrôlée par le gouvernement", explique Jayne Byakika Tusiime, chercheur ougandais à l'université Makere de Kampala.

"Mais lorsque des médicaments génériques de moins en moins chers vont arriver, il est possible qu'un marché noir se développe. Ce sont des médicaments efficaces et les gens pourront les acheter (au marché noir) s'ils sont désespérés", poursuit-elle.

Le marché noir "a existé dans le passé avec les antibiotiques et la chloroquine (pour lutter contre le paludisme)", fait-elle remarquer.

Sur les 4,1 millions d'Africains qui ont actuellement besoin de traitements antirétroviraux, environ 1% y avaient accès fin 2002, selon l'Onusida.

Mais la situation pourrait rapidement évoluer.

Un accord a été conclu fin août par les pays membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour faciliter l'importation par les pays pauvres des médicaments antirétroviraux génériques.

Parallèlement, les financements augmentent. Le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, une organisation internationale indépendante créée en 2002, dispose actuellement d'un milliard de dollars pour combattre le sida, de quoi notamment multiplier par six le nombre de bénéficiaires de traitements antirétroviraux en Afrique.

Déjà, des effets négatifs, lorsque le traitement est mal suivi, ont été constatés sur le continent.

Le médecin belge Bart Ostyn, de l'Institut de médecine tropicale à Anvers (Belgique), a conduit une enquête auprès de 357 personnes à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), qui prenaient des antirétroviraux.

Seulement 29% d'entre elles recevaient les médicaments des médecins et des pharmacies; 30% les achetaient au marché local et 21% les obtenaient auprès de proches vivant à l'étranger, principalement en Belgique.

Plus des deux-tiers des 357 malades ont interrompu leur traitement parce qu'ils ne recevaient pas régulièrement leurs médicaments.

Or, l'arrêt puis la reprise d'antirétroviraux constituent un des facteurs de résistance au traitement, souligne le docteur Ostyn qui insiste donc sur une distribution très contrôlée de ces médicaments.

"Si on met en place un système de distribution, il doit être sûr (...) parce que les médicaments (antirétroviraux) seront très recherchés", explique-t-il.

"Il faut accréditer les médecins qui les prescriront (...) et il faut que les médicaments ne soient obtenus que dans un certain nombre de centres", ajoute-t-il.

Près des deux-tiers des malades du VIH-sida vivent en Afrique sub-saharienne.


SCIENCE et AVENIR

Sida en Afrique : relever le défi de l’accès aux soins

Près de 30 millions de personnes vivent avec le virus du sida en Afrique, où moins de 4% de ceux qui auraient besoin de traitements anti-rétroviraux (ARV) en bénéficient. Ces deux chiffres donnent une idée de l’ampleur de la tâche qui préoccupe les participants à la 13ème Conférence Internationale sur le SIDA et les Maladies Sexuellement Transmissibles en Afrique. La CISMA s’est ouverte dimanche 21 septembre à Nairobi, au Kenya. Elle réunit 8.000 délégués jusqu’à vendredi.

L’accès aux soins des malades est le thème principal de cette conférence. Réseaux de soins défaillants ou inexistants, infrastructures insuffisantes, manque de personnel qualifié, problème de coût des médicaments, les obstacles au dépistage de l’infection puis à la prise en charge de la maladie sont nombreux sur le continent africain.

Six milliards de dollars (6,7 milliards d’euros) sont nécessaires d’ici 2005 pour lutter contre le sida en Afrique sub-saharienne, rappelle ONUSIDA, l’agence des Nations unies, or la moitié de cette somme est toujours manquante. Stephen Lewis, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, s’est emporté contre «l’obscénité grotesque du monde moderne», qui trouve «200 milliards de dollars pour la guerre contre le terrorisme» mais qui ne trouve pas de quoi payer les ARV aux Africains qui en ont besoin.

70% des personnes touchées par le VIH/sida dans le monde vivent en Afrique, alors que ce continent ne représente que 10% de la population mondiale. Autre particularité : les femmes sont majoritaires (60%). L’épidémie de sida est un frein au développement, elle désorganise de nombreux pays en les privant de toute une partie de leur main d’œuvre, qualifiée ou non. Au Malawi, par exemple, où l’espérance de vie a chuté à 36 ans, la moitié de la main d’œuvre qualifiée pourrait mourir du sida d’ici 2005, selon un rapport de la Banque mondiale. L’éducation, la santé, l’armée et la police sont les premiers secteurs touchés par le fléau.
Cécile Dumas


IPS Agency

Une nouvelle vague de SIDA balaie l'Afrique, dévastant des familles

Par Ferial Haffajee

Ils sont maintenant comme des bébés, déclare Prudence Mabele, parlant des personnes vivant avec le SIDA dont elle s'occupe en tant que volontaire en Afrique du Sud. ''Certains portent des couches; je dois les laver et les nourrir''.


''S'occuper de quelqu'un signifie l'amener à l'hôpital et passer parfois toute la journée avec lui ou elle. Ensuite, il y a des soins à la maison'', dit-elle.

Et il y a également les soins qui vont au-delà du travail physique. ''Cela concerne le fait d'offrir la force et l'espoir. Nous ne devrions pas sous-estimer l'importance des soins avec l'espoir'', affirme la jeune femme qui est une image de bonne santé dans une tenue Xhosa moderne bien qu'elle soit séropositive depuis 14 ans.

Maintenant, elle offre volontairement son temps en tant que ''soigneuse'' - le terme qui décrit les volontaires (et dans certains cas) les travailleurs (payés) qui sont sur la ligne de front de l'épidémie qui a atteint ce que l'agence des Nations Unies, l'ONUSIDA, appelle une ''nouvelle vague'' dans la pandémie.

''La vague de SIDA balaie actuellement l'Afrique australe et orientale, dévastant des familles et des communautés'', affirme le rapport de l'ONUSIDA intitulé ''Accélérer l'action contre le SIDA en Afrique'', et publié lundi au début de la 13ème Conférence internationale sur le SIDA en Afrique, à Nairobi.

Organisées chaque année, ces conférences continentales suivent à la trace les caractéristiques de la pandémie et rassemblent des délégués des pays pour partager leur expérience et leur connaissance. La bonne nouvelle est que les taux d'infection du SIDA en Afrique de l'est se stabilisent bien que l'Afrique australe soit toujours durement touchée. L'ONUSIDA décrit les différentes phases du SIDA comme des ''vagues''.

''Le VIH est la première vague de l'épidémie, entrant de façon silencieuse et pratiquement sans se faire remarquer. L'attaque du SIDA, la seconde vague, suit mortellement derrière, ses effets n'étant plus possibles à ignorer'', indique le rapport. Ceci est l'épicentre sur lequel travaille Mabele. En plus d'être artiste, elle est également une activiste qui lutte pour le traitement par des médicaments anti-rétroviraux et attribue sa propre santé au fait qu'elle prend des médicaments qui sauvent la vie.

L'accès au traitement par des médicaments est apparu à la conférence de cette année comme une importante pression puisqu'il prolonge la vie de ceux qui vivent avec le VIH/SIDA. Le raisonnement n'est pas seulement émotionnel, mais est également une méthode pour s'assurer que les conséquences sur les économies africaines et les réseaux sociaux pour cause du SIDA sont réduites.

A la fin 2002, Mabele n'était que l'une des quelque 50.000 personnes en Afrique subsaharienne sous traitement médical - environ un pour cent de ceux qui en ont besoin. ''L'humanité devrait avoir honte qu'il soit refusé à la vaste majorité qui en a besoin, les instruments et la connaissance pour faire face au SIDA. La communauté internationale a la capacité - alors la question est : manquons-nous de moralité?'', demande Michel Sedibé, directeur du soutien national et régional de l'ONUSIDA.

La réponse à cette question est ''apparemment non'', si les augmentations de financement révélées à la conférence sont utilisées comme un baromètre. Les financements des agences multilatérales et des gouvernements nationaux pour lutter contre le VIH/SIDA ont plus que doublé et sont passés à 950 millions de dollars US depuis 2000. C'est une bonne nouvelle parce l'accroissement financier suggère une nouvelle volonté politique, mais on est encore loin de ce qui est nécessaire - 2 milliards de dollars US à la fin de 2002; et 6 milliards de dollars US d'ici à 2005. L'ONUSIDA souligne qu'il y a encore des écarts entre les promesses de financement et le décaissement et entre la politique et la mise en œuvre par les gouvernements. La nouvelle vague de VIH/SIDA, estime Sedibe, ''requiert que les gouvernements, les donateurs, et autres réussissent immédiatement à passer des promesses de financement au décaissement intensifié de sommes d'argent afin que les programmes de traitement, de soins et de prévention soient mis en œuvre et fassent une différence réelle sur le terrain''. En plus de l'argent, un autre facteur se révèle être un facteur de construction ou de rupture pour combattre le VIH/SIDA : la volonté politique. C'est le principal facteur de succès derrière les taux d'infection en baisse au Sénégal, en Ouganda et au Botswana, indique Sedibe. Aussi bien le Sénégal que l'Ouganda ont réussi à ramener leurs taux d'infection en dessous de 10 pour cent de la population, tandis que la stratégie du Botswana offre des indices aux 16 pays africains ayant de forts taux d'infection.

Le Botswana, qui a le taux d'infection le plus élevé au monde, a également l'un des plus efficaces programmes de traitement et de réponse multi-sectorielle à la pandémie, est un modèle.

Les stratégies multilatérales sont vitales parce qu'elles ne voient pas la pandémie comme un problème médical seulement, mais accordent également une attention aux facteurs sociaux et de bien-être. Cela signifie également une réponse qui ne voit pas le SIDA comme un problème du gouvernement seul, mais mobilise les églises, la jeunesse, les syndicats et des volontaires comme Mabele.


Canadian Press

Search for vaccine against killer African cattle disease could fight AIDS

NAIROBI (AP) - The results of trials underway in Kenya to come up with a vaccine against East Coast fever, a major killer of cattle in eastern Africa, could provide insights into the development of vaccines against human diseases also caused by the invasion of healthy cells, the International Livestock Research Institute said Wednesday.

If field tests of three antigens result in "something significant," when their outcome is made public on Oct. 9, a multinational pharmaceutical company and the University of Oxford in Britain will join forces to provide technologies for affordable vaccine delivery in animals in East Africa, Susan MacMillan, ILRI spokeswoman, said.

Evans Taracha, a Kenyan scientist leading the ILRI team working on the experimental vaccines, told the 15th International Genome Sequencing and Analysis Conference in Savannah, Georgia, on Tuesday that a research program combining genomics, immunology and vaccine development laid the foundation for developing the vaccine.

East Coast fever is spread by blood-sucking ticks bearing parasites that invade the healthy white blood cells of cattle. The disease costs an estimated $300 million US a year in a region where cattle are central to the livelihood of millions of traditional herders.

Researchers at the Institute for Genomic Research in Maryland, known as TIGR, led the decoding of the genome of the Theileria parva parasite to produce its genetic blueprint. The resulting DNA data was interpreted by TIGR and ILRI scientists.

Scientists from the University of Victoria in British Columbia, the Ludwig Cancer Research Institute in Brussels and the Kenya Agricultural Research Institute all contributed to the research that resulted in the testing of the vaccine in Kenya.

Diseases like malaria, tuberculosis and HIV/AIDS are also caused by organisms that invade the hosts' healthy cells.

"Medical researchers cannot test this whole genome approach to vaccines against human disease quickly because they have to be much more careful in their experiments with people," MacMillan said. "The cattle researchers in Africa can quickly take the genome approach to vaccine development to find a potential vaccine and to understand a major disease better."

Most malaria vaccine research, for example, has been done in mice, and researchers then have to try to compare those results with what the experimental vaccine would do in humans.

Dr. Richard Bishop, a British molecular biologist at ILRI, called East Coast fever "a superb if unusual model" for medical research because "it offers new ways to identify the molecules of cell-invading pathogens that stimulate a particular group of white blood cells, known as killer T cells, crucial to the development of immunity against many diseases, including malaria and TB."

ILRI, based in Nairobi and in Addis Ababa, Ethiopia, is one of 16 research centres in the Consultative Group on International Agricultural Research, or CGIAR, co-sponsored by the World Bank, the UN Food and Agricultural Organization and the UN Development Program.


Xinhua

AIDS causes more damage to national economies than previously thought: WB

HIV/AIDS has caused more damage to national economies than previously assumed, said an official ofthe World Bank (WB) here Wednesday.

"AIDS is a shock to labor force. AIDS is a shock to a country's finance," said Shanta Devarajan, chief economist of the WB's Human Development Network, at a news conference.

"AIDS affects and kills young adults, thus you will see economic collapse," said Devarajan, who is a WB expert on human development, public expenditures and tax policy.

"Previous estimates overlooked the impact of HIV/AIDS on children if one or parents die, how they can suddenly become orphans, how they become vulnerable to dropping out of school, and how, in this way, the disease weakens the ability of today's generation to pass on its skills and knowledge to the next," Devarajan added.

"In those countries facing an HIV/AIDS epidemic on the same scale as South Africa, for example, if nothing is done quickly to fight their epidemic, they could face economic collapse within several generations, with family incomes being cut in half," the expert told the press during the ongoing 13th International Conference on AIDS and Sexually Transmitted Infections in Africa (ICASA), which opened here Sunday.

The six-day ICASA, whose theme is "Access to Care: Challenges," is the biggest regional forum on Africa's AIDS problem.

Meanwhile according to a WB research report, named the Long-run Economic Costs of AIDS: Theory and an Application to South Africa, by killing mostly young adults, the disease is robbing the children of AIDS victims of one or both parents to love, raise and educate them, so undermines the basis of economic growth over the long haul.

As for the reasons over the economic damage, the report said AIDS selectively destroys human capital, which is people's accumulated life experiences, their human and job skills, and their knowledge and insights built up over a period of years.

The fact that the epidemic weakens or even wrecks the mechanisms that generate human capital formation is another element affecting the national economies.

Thus the WB, in its report, urged policy-makers in worldwide "to act swiftly and effectively to prevent the spread of HIV/AIDS and to treat those with the disease."

The WB, which is active in fighting HIV/AIDS in all regions, has committed 1.6 billion US dollars for HIV/AIDS programs in the whole world during the past several years.

Africa is home to only 10 percent of the world's population and yet more than 70 percent of the people infected with HIV/AIDS livein Africa.

At least 60 million Africans have been directly impacted by HIV/AIDS

AFP

Sida: les antirétroviraux coûteront 5 milliards de dollars d'ici 2005

NAIROBI (AFP) - La distribution d'ici 2005 des antirétroviraux à 3 millions de personnes souffrant du VIH/sida dans le monde, en grande majorité en Afrique, coûtera 5 milliards de dollars, soit plus que l'argent dépensé cette année pour lutter contre la pandémie, a estimé mercredi l'Onusida.

Le chiffre de trois millions de personnes correspond à l'objectif que s'est fixée l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour comparaison, fin 2003, seulement un million de malades devraient bénéficier d'antirétroviraux.

"Il faudra cinq milliards (de dollars) d'ici 2005 juste pour soigner (ces) trois millions de personnes", a déclaré mercredi Peter Piot, directeur exécutif du programme des Nations unies contre le sida (Onusida), lors d'une conférence de presse à Nairobi.

Il s'exprimait dans le cadre de la 13ème conférence internationale sur le sida en Afrique (Cisma), qui se tient jusqu'à vendredi dans la capitale kényane avec la participation de quelque 8.000 délégués venus du monde entier.

La somme de 5 milliards de dollars est supérieure à l'argent dépensé dans le monde en 2003 pour combattre le sida.

Et elle n'inclut pas la formation du personnel, l'achat des équipements, et la création de réseaux de stockage et distribution des médicaments.

"Cet objectif n'est pas impossible, mais il nécessite des ressources", a estimé Peter Piot.

"Les gouvernements africains doivent faire plus (d'efforts). La plupart d'entre eux n'ont pas de lignes budgétaires sérieuses pour gérer le sida et après tout, il s'agit de survie nationale", a-t-il estimé, alors que l'Afrique est ravagée par la pandémie de sida.

"Même les pays pauvres ont un budget, ils ont tous une armée, ils ont des priorités qui doivent être déterminées", a-t-il ajouté.

Près de trois-quarts des malades du VIH-sida vivent en Afrique sub-saharienne. Actuellement, seulement 1% de ces malades qui ont besoin d'antirétroviraux y ont accès, selon l'Onusida.

Mercredi, plusieurs dizaines de personnes ont manifesté à Nairobi dans les locaux de la 13ème Cisma pour réclamer un accès rapide aux antirétroviraux pour les Africains.

"Coupable", "Respectez vos promesses", Vous discutez, nous mourons", pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants, qui ont recouvert d'autocollants les stands de grandes sociétés pharmaceutiques comme GlaxoSmithKline et Bristol-Myers Squibb.

Les sociétés pharmaceutiques ont récemment réduit le coût du traitement à la suite de pressions politiques de la communauté internationale. Et à l'avenir, le prix des antirétroviraux devrait continuer à baisser avec l'arrivée sur le marché de médicaments génériques.

Selon l'Onusida, la communauté internationale devrait dépenser au total quelque 10,7 milliards de dollars d'ici 2005, dans les pays à bas et moyens revenus pour combattre la pandémie, et 14,9 milliards d'ici 2007. Dans ces 10,7 milliards, sont compris les 5 milliards destinés aux antirétroviraux.

"Nous estimons que cette année, 4,7 milliards de dollars seront dépensés dans le monde dans des programmes de lutte contre le sida, mais c'est un mélange de programmes liés à la prévention et au traitement", a expliqué Peter Piot.

"Et c'est particulièrement le volet traitement qui a besoin d'être augmenté", a-t-il estimé. "Nous sommes seulement à mi-chemin", a-t-il poursuivi.

Selon les chiffres de l'Onu, 42 millions de personnes dans le monde vivent avec le VIH/sida. Quelque 3,1 millions sont mortes des suites du sida l'an dernier dans le monde, dont 2,4 millions en Afrique noire.


Le marché noir des antirétroviraux pour lutter contre le Sida: un danger pour l'Afrique

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NAIROBI (AFP) - L'arrivée tant attendue en Afrique des antirétroviraux pour lutter contre le VIH pourrait paradoxalement présenter un risque important pour ce continent ravagé par la pandémie, ont mis en garde mardi des spécialistes du sida à Nairobi.

L'émergence probable d'un marché noir de ces médicaments pourrait à terme favoriser le développement de résistance au traitement et donc partiellement annuler ses effets bénéfiques, ont-ils souligné lors de la 13ème Conférence internationale sur le sida en Afrique (Cisma).


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Si les patients du VIH-sida ne suivent pas à la lettre les prescriptions pour prendre les antirétroviraux, qui ont fait du sida une maladie contrôlable, ils risquent en effet de développer des résistances au traitement.

"En ce moment, le marché noir (pour les antirétroviraux en Afrique) est très petit, ou n'existe pas, parce que les médicaments sont rares, restent très chers ou que leur distribution est étroitement contrôlée par le gouvernement", explique Jayne Byakika Tusiime, chercheur ougandais à l'université Makere de Kampala.

"Mais lorsque des médicaments génériques de moins en moins chers vont arriver, il est possible qu'un marché noir se développe. Ce sont des médicaments efficaces et les gens pourront les acheter (au marché noir) s'ils sont désespérés", poursuit-elle.

Le marché noir "a existé dans le passé avec les antibiotiques et la chloroquine (pour lutter contre le paludisme)", fait-elle remarquer.

Sur les 4,1 millions d'Africains qui ont actuellement besoin de traitements antirétroviraux, environ 1% y avaient accès fin 2002, selon l'Onusida.

Mais la situation pourrait rapidement évoluer.

Un accord a été conclu fin août par les pays membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour faciliter l'importation par les pays pauvres des médicaments antirétroviraux génériques.

Parallèlement, les financements augmentent. Le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, une organisation internationale indépendante créée en 2002, dispose actuellement d'un milliard de dollars pour combattre le sida, de quoi notamment multiplier par six le nombre de bénéficiaires de traitements antirétroviraux en Afrique.

Déjà, des effets négatifs, lorsque le traitement est mal suivi, ont été constatés sur le continent.

Le médecin belge Bart Ostyn, de l'Institut de médecine tropicale à Anvers (Belgique), a conduit une enquête auprès de 357 personnes à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), qui prenaient des antirétroviraux.

Seulement 29% d'entre elles recevaient les médicaments des médecins et des pharmacies; 30% les achetaient au marché local et 21% les obtenaient auprès de proches vivant à l'étranger, principalement en Belgique.

Plus des deux-tiers des 357 malades ont interrompu leur traitement parce qu'ils ne recevaient pas régulièrement leurs médicaments.

Or, l'arrêt puis la reprise d'antirétroviraux constituent un des facteurs de résistance au traitement, souligne le docteur Ostyn qui insiste donc sur une distribution très contrôlée de ces médicaments.

"Si on met en place un système de distribution, il doit être sûr (...) parce que les médicaments (antirétroviraux) seront très recherchés", explique-t-il.

"Il faut accréditer les médecins qui les prescriront (...) et il faut que les médicaments ne soient obtenus que dans un certain nombre de centres", ajoute-t-il.


ANGOLA PRESS AGENCY

L`OMS regrette l`insuffisance des ARV fournis aux PVVIH


L`Organisation mondiale de la santé (OMS) a exhorté lundi les autorités sanitaires à mettre en urgence le traitement aux antirétroviraux (ARV) à la disposition des millions de Personnes vivant avec le VIH/SIDA (PVVIH).

Dans un communiqué publié au cours de la Conférence internationale sur le SIDA et les Maladies sexuellement transmises (CISMA), qui se tient actuellement à Nairobi, l`organisation a regretté que bien qu`elle dispose dans ses stocks de médicaments à bon marché pour traiter les maladies à un coût de "un dollar par jour, voire moins", les médicaments ne parviennent pas aux personnes qui en ont le plus besoin.

"Quelque six millions de personnes vivant dans les pays en développement souffrent de l`infection à VIH, qui requiert un traitement aux antirétrivoraux. Cependant, moins de 300.000 personnes sont traitées. En Afrique subsaharienne, où vivent la plupart des personnes ayant besoin de traitement, seules 50.000 personnes reçoivent les antirétroviraux", a regretté l`OMS.

L`organisme a ensuite ajouté : "Pour fournir les ARV aux millions de personnes qui en ont besoin, nous devons modifier notre façon de penser et d`agir. La routine ne marchera pas et aura pour seul résultat de nous faire assister à la mort de milliers de personnes par jour", a affirmé le directeur général de l`OMS, Jong-Wook Lee.

Pour prévenir l`aggravation de la catastrophe, l`OMS a annoncé qu`elle allait, en collaboration avec l`ONUSIDA et d`autres partenaires au développement, fournir des équipes d`intervention aux pays supportant le poids le plus lourd, en matière de VIH/SIDA, et dont les gouvernements en feraient directement la demande.

L`OMS a d`ores et déjà entrepris d`élaborer des avis techniques simplifiés, basés sur des associations à doses fixes, des examens de base en laboratoire et des programmes de régimes simplifiés, annonce le communiqué.

En outre, il est envisagé la mise en place d`une Facilité de médicaments et de diagnostic du SIDA susceptible d`aider les pays en développement à obtenir des ARV de qualité.

L`OMS et l`ONUSIDA poursuivent un objectif ambitieux : fournir les ARV à trois millions de personnes d`ici la fin de l`année 2005.

Selon les estimations, 42 millions de personnes vivraient avec le VIH/SIDA dans le monde, 30 millions d`entre elles étant en Afrique.

"Il ne faudrait pas sous-estimer l`ampleur des besoins de prise en charge urgente du VIH au niveau mondial. Environ 90 pour cent des personnes séropositives ayant actuellement besoin du traitement en Afrique subsaharienne n`y ont pas accès", a affirmé Peter Piot, directeur exécutif de l`ONUSIDA, dans un autre communiqué.

"Cependant, le traitement du SIDA est un engagement à long terme et non pas un traitement à faire en une seule fois. Par conséquent, nous avons besoin d`une augmentation considérable et durable des ressources et de l`engagement politique, en particulier de ceux des pays les plus touchés eux-mêmes. Nous devons, par-dessus tout, intégrer le traitement dans des plans d`urgence plus larges de prévention et de prise en charge du VIH, sans lesquels nous n`aurions aucune chance de briser la vague de l`épidémie du SIDA", a-t-il prévenu.

Le SOIR (Belgique)

Sida - L'OMS parle d'« urgence sanitaire mondiale »

A peine 5 % des malades ont accès aux antirétroviraux

COLETTE BRAECKMAN

L'urgence est mondiale, mais c'est en Afrique qu'elle choque le plus : dans ce continent, le plus gravement touché par l'épidémie du Sida, 50.000 malades seulement ont accès au traitement antirétroviral. L'Organisation mondiale de la santé s'alarme de ce qu'elle qualifie d'« urgence sanitaire mondiale » relevant que dans les pays en développement, quelque 6 millions de personnes souffrent d'une infection à VIH qui nécessite un traitement antirétroviral. Or, alors qu'il est possible de soigner les malades pour la modique somme d'un dollar par jour, moins de 300.000 personnes ont accès à ce type de traitement.

C'est pour cela que l'OMS, en collaboration avec Onusida, l'agence spécialisée dans l'étude et la prévention de cette épidémie, a décidé de recourir aux grands moyens ; Nous devons changer notre façon de voir, notre façon d'agir, déclare le Dr Lee Jong-wook, le directeur général de l'OMS, car continuer comme avant, c'est laisser mourir des milliers de personnes tous les jours. L'OMS et Onusida ont donc annoncé à Nairobi, où se tient une réunion de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations unies sur le sida, qu'elles s'étaient donné pour objectif de fournir des médicaments antirétroviraux à trois millions de personnes d'ici à 2005.

Des équipes d'intervention d'urgence seront mises en place dans les pays les plus gravement touchés, comme le Botswana, qui compte 38,8% de séropositifs ou le Lesotho, qui en compte 31%. Ces équipes devront créer un dispositif d'approvisionnement en médicaments contre le sida, appliquer des schémas thérapeutiques afin que les traitements soient relativement simples à administrer.

S'il y a urgence, c'est parce qu'en Afrique subsaharienne, un adulte sur dix, soit 28,5 millions de personnes, vit actuellement avec le VIH-sida. Avoir accès aux traitements permettrait à ces malades de prolonger leur durée de vie, de poursuivre leurs activités, de réduire leurs besoins en services hospitaliers et soins ambulatoires.

C'est deux mois après l'entrée en fonction de son nouveau directeur, le Dr Jong Wook Lee, que l'OMS, qui fut parfois critiquée pour s'être montrée trop timorée aux premiers temps de l'épidémie, est passée à la vitesse supérieure. L'urgence est telle qu'à côté de l'OMS et d'Onusida, toutes les agences internationales et toutes les ONG concernées ont décidé de joindre leurs efforts pour, outre la prévention, se battre sur le terrain de l'accès aux traitements antirétroviraux. Rappelons que le président Bush a, quant à lui, décidé d'affecter 15 milliards de dollars à la lutte contre le sida, mais cette somme considérable passera moins par les agences de l'ONU que par les ONG américaines, dont de nombreux groupes religieux.•


La Tribune

Le sida pourrait être contenu en Afrique, estime l'ONU

Nairobi - a livré son rapport hier à Nairobi.

La pandémie du sida qui ravage le continent africain est devenue l'un des plus grands obstacles au développement économique du continent, mais elle pourrait être contenue grâce à des moyens financiers plus importants et des programmes adéquats de prévention et de soins, selon les conclusions d'un rapport d'ONUSIDA paru hier.

Ce rapport a été rendu public à l'occasion de la 13e Conférence internationale sur le sida en Afrique à Nairobi au Kenya, où quelque 8000 délégués sont réunis depuis hier pour évoquer le fléau du sida et les diverses solutions pour offrir une meilleure aide aux malades en Afrique.

Plus de 30 millions de personnes sont infectées par le VIH en Afrique, soit environ 70 % des cas de sida dans le monde. Si ONUSIDA et l'Organisation mondiale de la santé notent que le taux d'infection semble décliner dans l'est de l'Afrique, l'épidémie ne semble guère évoluer vers le mieux dans le sud du continent.

Selon le rapport d'ONUSIDA, intitulé "Accélérer l'action contre le SIDA en Afrique", des programmes innovateurs et probants de lutte contre le SIDA, ainsi que des méthodes de prévention et de traitement des malades, existent en Afrique. Mais ces actions sont trop limitées et ne reçoivent pas suffisamment de fonds pour ralentir la propagation du virus.


LA CROIX

La Croix

. L'Afrique peut-elle faire reculer le sida ?

Interview : Michel Sidibe. « Oui, même s'il n'y a pas de signe d'essoufflement réel de l'épidémie ».

Alors que la 13e conférence internationale sur le sida en Afrique s'est ouverte hier à Nairobi, et qu'une session de l'ONU spécialement consacrée au sida a lieu aujourd'hui à New York, Michel Sidibe, directeur du département Appui aux pays et régions de l'Onusida, fait le point sur les avancées de la lutte contre cette maladie.

Laurent D'ERSU

Quelque chose est-il en train de changer en matière de lutte contre le sida en Afrique ?

Michel Sidibe : Il y a des signes d'une volonté politique géné ralisée. Il y a trois semaines, l'Afrique du Sud admettait la nécessité d'avancées dans le domaine des traitements, ce qui n'était pas le cas jusqu'ici. En matière de progrès face au sida, deux « exemples », l'Ouganda et le Sénégal, étaient toujours brandis. Aujourd'hui, on constate que la baisse de la contamination est aussi effective ailleurs : Rwanda, Burundi, Kenya, Zambie... Mais il n'y a pas de signe d'essoufflement réel de l'épidémie, et les pays les plus touchés continuent de connaître un accroissement rapide des contaminations.

Alors que les premiers traitements antirétroviraux arrivent en Afrique, les opinions ont-elles évolué à leur sujet ?

C'est indéniable. Des études montrent aujourd'hui que le suivi des traitements contre le sida est très bon en Afrique et même meilleur que dans les populations à risque des États-Unis. Le Brésil, la Côte d'Ivoire démontrent qu'en prenant en charge les malades, on économise le coût des hospitalisations, on réduit l'absentéisme au travail, qui a un impact direct sur la productivité, et on augmente le taux de dépistage.

En faveur de la lutte contre le sida, l'administration Bush n'a finalement alloué que la moitié de la somme prévue en arguant du manque de « capacité d'absorption » des fonds, notamment en Afrique. Qu'en pensez-vous ?

Les mécanismes qui permettent d'atteindre les populations doivent être améliorés. Il faut accompagner les États et la société civile dans cette voie, pour que les ressources mises à la disposition des pays soient absorbées. Mais il n'en reste pas moins que les besoins sont là : en Afrique, 50 000 personnes ont accès aux traitements alors que 5 millions en auraient un besoin urgent.

Un accord a récemment été trouvé dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), censé faciliter la diffusion des médicaments génériques contre le sida dans les pays en développement. Toutefois, certaines ONG dénoncent la difficulté d'application de cet accord.

Mais ce n'est pas le tout que de donner la possibilité aux pays d'utiliser des licences obligatoires (autorisation de produire et de vendre un produit sans la permission du détenteur du brevet, NDLR), il faut faire en sorte que l'industrie pharmaceutique soit capable de produire suffisamment de médicaments de qualité, il faut aider les pays à avoir les compétences techniques leur permettant d'accéder à ces médicaments, et il faut rendre disponibles rapidement des ressources.

DESTINATION SANTÉ

VIH-SIDA : des progrès mais…

Deux ans après la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations-unies organisée à New York sur le VIH-SIDA, de nouveaux rapports annoncent des progrès réels, mais encore très insuffisants pour combattre efficacement la maladie.

Ces rapports, présentés hier soir par le Programme commun de l’ONU sur le VIH-SIDA (ONUSIDA) indiquent en effet que « le rythme actuel des activités nationales sur le VIH-SIDA est insuffisant pour réaliser les objectifs fixés pour 2005 ». Et plus encore pour atteindre le grand Objectif du millénaire : stopper l’épidémie et commencer à inverser son cours d’ici à 2015.

L’un des buts assignés aux Etats membres pour 2005 consiste à faire en sorte que là, au moins huit femmes enceintes sur dix aient accès à l’information, au conseil et à un traitement permettant de prévenir effectivement la transmission du VIH à leurs enfants. Malheureusement, il semble bien qu’à ce jour « ces services restent pratiquement inexistants dans les pays les plus durement touchés ».

Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, voit dans les résultats qu’il vient de présenter à New York « un sérieux avertissement pour le monde ». Tout n’est pas noir cependant. Parmi les progrès relevés par l’agence spécialisée dans la lutte contre la pandémie à VIH, soulignons tout de même que 93 pays sur 103 ont déjà élaboré des stratégies nationales globales. Et que 88% d’entre eux ont amélioré le niveau de sensibilisation du public. Mais c’est encore bien trop peu…
Sources: ONUSIDA, 22 septembre 2003


La LIBRE BELGIQUE

Cri d'alarme pour une lutte mondiale contre le sida

Seul 1 pc des Africains ont aujourd'hui accès aux médicaments antirétroviraux. L'Onu estime qu'il manquera encore en 2005 3 milliards de dollars pour combattre le sida.

Comment est-ce possible qu'en 2003, alors que nous trouvons 200 milliards de dollars pour mener la guerre contre le terrorisme, nous ne puissions pas trouver l'argent pour éviter à ces enfants de vivre dans la terreur et que nous ne puissions pas procurer de traitement antirétroviral à tous ceux qui en ont besoin en Afrique? Ce double traitement constitue l'obscénité grotesque du monde moderne», s'est indigné Stephen Lewis, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'Onu pour le sida en Afrique, lors du discours inaugural de la 13e conférence internationale sur le sida en Afrique (Cisma), qui se déroule jusqu'à vendredi à Nairobi, réunissant 8000 médecins, chercheurs, responsables politiques et associatifs.

Et de fait, il y a de quoi s'indigner: sur les 4,1 millions d'Africains qui ont besoin de médicaments antirétroviraux, seulement 50000 (soit environ 1 pc) y avaient accès fin 2002. Parmi ces victimes en Afrique sub-saharienne où l'on compte 29,4 millions de personnes atteintes par le VIH/sida, 58 pc de femmes, violées par leurs proches ou des militaires, eux-mêmes contaminés, contraintes d'avoir des relations sexuelles non protégées, privées de droits fondamentaux par la loi ou la tradition. S'il ne fait aucun doute que les femmes ont plus de risques d'être contaminées en Afrique que dans les pays développés, les chercheurs essaient d'expliquer l'inégalité hommes-femmes face à la pandémie. Ils étudient l'hypothèse d'une plus grande vulnérabilité des femmes face au virus. Quoi qu'il en soit, fin 2001, 1 pc des Africaines enceintes infectées par le VIH ont eu accès au traitement antirétroviral de courte durée permettant de réduire le risque de transmission du virus au nouveau-né.

Trois milliards de dollars

Selon un rapport de l'Onusida publié dimanche, environ 950 millions de dollars ont été consacrés à la lutte contre le VIH/sida en Afrique subsaharienne en 2002, soit une augmentation de 400 millions de dollars depuis 2000. Cette somme ne représente encore que la moitié des 2 milliards de dollars nécessaires en 2002 pour des services essentiels de prévention et de traitement. Le rapport souligne encore que, pour 2005, «il manquera, selon les prévisions actuelles, 3 milliards de dollars pour l'Afrique sub-saharienne, ce qui représente un obstacle majeur à la mise en oeuvre et à l'expansion des programmes de prévention et de prise en charge qui sont nécessaires de toute urgence», ajoute le rapport.

La lueur d'espoir est venue de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui s'est engagée lundi à prendre des mesures d'urgence pour faciliter l'accès de près de six millions de porteurs du virus du sida aux médicaments dans les pays en développement, en particulier en Afrique subsaharienne. Le 1er décembre, lors de la Journée mondiale du sida, l'OMS présentera un plan visant à fournir d'ici à la fin de 2005 des médicaments antirétroviraux à trois millions de personnes, alors que seulement un million en bénéficierait à cette date si l'on tient compte des programmes existants. Aux termes de ce programme, l'OMS mettra des équipes d'intervention d'urgence à la disposition des pays les plus touchés afin de trouver les moyens de fournir les médicaments à ceux qui en ont besoin.


Le COURRIER du VIETNAM

Sommet : conférence internationale sur le sida en Afrique

La 13e conférence internationale sur le sida en Afrique (CISMA), dont le but est notamment de concevoir des stratégies pour lutter contre la pandémie qui ravage le continent noir, s'est ouverte le 21 septembre à Nairobi (Kenya) pour cinq jours.

Lors du discours inaugural de ce sommet qui se tient tous les deux ans, l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Stephen Lewis, s'en est pris aux pays riches qui dépensent des milliards de dollars pour combattre le terrorisme, tandis que des millions d'Africains manquent désespérément de médicaments antirétroviraux. "Comment est-ce possible qu'en 2003, alors que nous trouvons 200 milliards de dollars pour mener la guerre contre le terrorisme, nous ne puissions pas (...) procurer de traitement anti-rétroviral à tous ceux qui en ont besoin en Afrique ?", s'est indigné Stephen Lewis. "Ce double traitement constitue l'obscénité grotesque du monde moderne", a-t-il estimé.
Sur les 4,1 millions d'Africains qui ont besoin de traitements antirétroviraux, seuls 50.000 (soit environ 1 %) y avaient accès fin 2002.
La 13e CISMA, en présence de quelque 8.000 délégués, est organisée autour du thème "Accès aux soins et défis inhérents". L'accès aux soins représente en effet un grand défi en Afrique en raison des infrastructures inadéquates, du manque de personnel qualifié et du coût des médicaments.
Selon un rapport de l'Onusida publié le 21 septembre, "environ 950 millions de dollars ont été consacrés à la lutte contre le VIH/sida en Afrique sub-saharienne en 2002", soit "une augmentation de 400 millions de dollars depuis 2000". Mais cette somme "ne représente encore que la moitié des 2 milliards de dollars nécessaires en 2002 pour des services essentiels de prévention et de traitement", selon l'Onusida.
Pour 2005, "il manquera, selon les prévisions actuelles, 3 milliards de dollars pour l'Afrique sub-saharienne, ce qui représente un obstacle majeur à la mise en oeuvre et à l'expansion des programmes de prévention et de prise en charge qui sont nécessaires de toute urgence", ajoute le rapport.
Près des trois-quarts des malades du VIH-sida dans le monde, soit 29,4 millions de personnes, vivent en Afrique sub-saharienne.
Un adulte africain sur onze est touché par la maladie, tandis que 15 millions d'Africains en sont déjà morts.
Plus de 11 millions d'enfants africains ont aussi perdu au moins l'un de leurs parents à cause de l'épidémie, un chiffre qui pourrait atteindre les 20 millions d'ici 2010, selon Onusida.
Un directeur de l'agence Onusida, Michel Sidibe, a mis en outre en garde le 21 septembre contre l'instabilité qui menace plusieurs pays africains frappés de plein fouet par l'épidémie de VIH/sida. "Cette nouvelle crise (...) réduit la productivité, change complètement la pyramide des âges (...). Elle influence la capacité totale de l'État à continuer à jouer sa fonction normale en assurant les services de base pour la population. L'éducation s'effondre. La sécurité est minée", a-t-il estimé.
Entre 40 et 50 % des policiers et des militaires souffrent en effet du VIH/sida dans certains pays d'Afrique. La 13e CISMA, à laquelle participent chercheurs, responsables de la société civile et politiques, a trois objectifs : "passer en revue les progrès réalisés, créer un forum pour permettre une analyse critique des initiatives adoptées face à la pandémie, et concevoir et élaborer des stratégies de lutte contre la pandémie, selon une perspective africaine".

Le SOLEIL (Sénégal)

L’accès aux médicaments, un défi en Afrique

La 13ème conférence internationale sur le sida en Afrique (Cisma), dont le but est notamment de concevoir des stratégies pour lutter contre la pandémie qui ravage le continent noir, s'est ouverte dimanche à Nairobi pour cinq jours, en présence de quelque 8.000 délégués.

Lors du discours inaugural de ce sommet qui se tient tous les deux ans, l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies, Stephen Lewis, s'en est pris aux pays riches qui dépensent des milliards de dollars pour combattre le terrorisme, tandis que des millions d'Africains manquent désespérément de médicaments antirétroviraux.

"Comment est-ce possible qu'en 2003, alors que nous trouvons 200 milliards de dollars pour mener la guerre contre le terrorisme, nous ne puissions pas (...) procurer de traitement antirétroviral à tous ceux qui en ont besoin en Afrique ?", s'est indigné Stephen Lewis.

"Ce double traitement constitue l'obscénité grotesque du monde moderne", a-t-il estimé.

Sur les 4,1 millions d'Africains qui ont besoin de traitements antirétroviraux, seuls 50.000 (soit environ 1%) y avaient accès fin 2002.

La 13ème Cisma est organisée autour du thème "Accès aux soins et défis inhérents".

L'accès aux soins représente, en effet, un grand défi en Afrique, en raison des infrastructures inadéquates, du manque de personnel qualifié et du coût des médicaments.


JEUNE AFRIQUE

L'Afrique érigée en exemple

Contrairement aux idées reçues, les séropositifs des pays en développement témoignent d'un plus grand sérieux que les Américains dans la prise de leurs médicaments.

L'évidence semble s'imposer : les malades ont une meilleure adhérence aux traitements en Afrique qu'aux États-Unis. Pourtant, des préjugés tenaces contre la capacité et la volonté des Africains à suivre correctement des traitements médicaux ont longtemps nui aux campagnes en faveur de fourniture de trithérapies en Afrique, pour lutter contre le sida. Ainsi, en 2001, la déclaration du directeur de l'Agence américaine pour le développement international (USAID) avait provoqué un tollé. Selon lui,
les traitements ne « fonctionneraient pas » sur le continent, parce que beaucoup d'Africains n'utilisent pas de montres et « ne savent pas ce qu'est l'heure occidentale ».
Des médecins, des hommes politiques et des responsables de l'industrie pharmaceutique soutenaient qu'il n'était pas raisonnable d'envoyer des antirétroviraux (ARV) en Afrique, de peur qu'une prise incomplète ou irrégulière n'accélère les mutations en souches résistantes aux médicaments, qui pourraient ensuite se propager dans le monde entier. Un danger déjà présent : presque 10 % des infections au VIH en Europe résistent au moins à un traitement.

Des études menées au Botswana, en Ouganda, au Sénégal et en Afrique du Sud ont toutefois prouvé que les malades n'y étaient pas moins sérieux qu'ailleurs. Les séropositifs y prennent, dans 90 % des cas, les traitements prescrits. Aux États-Unis, la proportion tombe à 70 %, et elle est encore plus faible dans certains groupes, comme les sans-abris ou les toxicomanes.

Quant aux résistances, elles sont de toute façon inévitables, argumentent les médecins. Elles concernent tout autant le paludisme en Afrique que les infections oculaires des enfants de Manhattan. Mais elles apparaissent d'autant plus vite quand les patients suivent mal leurs traitements. Et pour continuer de maintenir une faible charge virale chez les séropositifs, il faudra découvrir de nouveaux traitements avant que les actuels ne deviennent inefficaces.

Les spécialistes font également remarquer que les Africains sont souvent plus appliqués dans le suivi de leur régime médicamenteux. Leurs déclarations quant à la manière dont ils suivent les prescriptions sont aussi plus dignes de foi que celles des Américains, explique David Bangsberg, professeur de médecine à l'Université de Californie à San Francisco. En moyenne, aux États-Unis, dit-il, une personne qui prétend prendre 90 % de ses pilules, en ingère, en fait, 70 %. En revanche, une étude réalisée sur 29 Ougandais montre que pour une prise déclarée de 93 pilules sur 100, la prise effective est de 91.

En outre, dans beaucoup de cas, explique le Dr Merle A. Sande, de l'université d'Utah, qui travaille également en Ouganda, toute la famille se cotise pour payer une thérapie à un de ses membres infecté. « Si on se sacrifie pour vous, vous avez plutôt intérêt à suivre le traitement soigneusement. Le scénario est bien différent au Nord où la majorité des patients reçoit ses médicaments gratuitement. »

Au Botswana, le pays qui a le taux d'infection le plus élevé au monde, le comptage des pilules de 400 malades a prouvé que 85 % d'entre eux avaient une bonne adhérence à leur traitement, explique Ernest Darkoh, directeur du programme national. « Si vous êtes un peu moins strict sur les critères [ne pas prendre en considération, par exemple, un décalage de deux heures dans la prise d'un médicament], vous obtenez même 90 % de parfaite adhérence. » Dans la majorité des cas, le mauvais respect des prescriptions est lié à la coexistence du VIH et d'une autre maladie, comme la tuberculose, qui nécessite la prise de quatre antibiotiques supplémentaires.

Toujours est-il que le respect des traitements est surveillé de près. Dans le centre de Khayelitsha, en Afrique du Sud, où Médecins sans frontières a lancé un programme en mai 2001, 96 % des patients prennent encore 95 % de leurs pilules six mois après le début du traitement. Les tests sanguins montrent que 91 % des patients ont une quantité de virus indétectable dans le sang après six mois, chiffre qui tombe à 83 % après dix-huit mois. « C'est plutôt pas mal, se félicite Eric Goemaere, le directeur du programme. En tout cas, c'est bien mieux que les chiffres que vous pouvez voir dans la plupart des études nord-américaines ! »
Donald G. Mac Neil Jr © The New York Times et J.A./l'intelligent 2003


SIDA
TRAITEMENTS

Sud Quotidien (Sénégal

névirapine : un médicament au secours de l'Afrique

Moussa Bathily Diallo

Un médicament, la névirapine (NVP) s'avère efficace dans la prévention de la transmission de l'infection par le VIH de la mère à l'enfant. En plus ce médicament à l'avantage d'être à faible coût.

L'Institut National des Allergies et Maladies Infectieuses des Etats-Unis (NIAID) a annoncé, le 11 septembre dernier, qu'une étude américano-ougandaise étalée sur 5 ans, a montré que la névirapine (NVP), un médicament à faible coût s'est avéré efficace pour prévenir la transmission de l'infection par le VIH de la mère à l'enfant.

L'étude qui a porté sur plus de 600 mères séropositives, a vu l'administration d'une dose de névirapine à la mère pendant l'accouchement, et une dose donnée au nourrisson après sa naissance ont réduit de 41 % la transmission du VIH par rapport au groupe d'enfants traités dans le cadre d'un schéma posologique à doses multiples d'AZT, médicament plus coûteux et moins stable.

Le directeur du (NIAID) M.Anthony Fauci, a affirmé que " cette étude est très importante pour les pays pauvres, car elle constitue une avancée considérable au plan de la santé publique dans la mesure où il montre le potentiel d'un traitement à la NVP dans la réduction du fardeau du VIH/sida "


INITIATIVES
PR Newswire

Modernized Hospital Will Improve HIV/AIDS Care In Tanzania

Illinois, Kenya, Tanzania - Multi-year, multi-million dollar initiative will help create a sustainable health care infrastructure that will provide enhanced care and services to

people living with HIV/AIDS -

ABBOTT PARK, Ill. and NAIROBI, Kenya, Sept. 22 /PRNewswire- FirstCall/ -- For the estimated two million Tanzanians living with HIV/AIDS, access to basic health services, counseling and treatment is nearly unattainable because of inadequate infrastructure and health care facilities, a shortage of specialized staff, and scarce resources. Today, at the International Conference on AIDS and Sexually Transmitted Infections (STIs) in Africa, the Abbott Laboratories Fund, in collaboration with the Tanzanian government, reported on their efforts to help respond to this challenge.

Additionally, Abbott and the government of Tanzania announced a partnership, Tanzania Care, to modernize the country's public health care infrastructure and improve services and access to care for people living with HIV/AIDS and other serious illnesses. Axios, an organization dedicated to improving health care in developing countries, is serving as the implementing partner for Tanzania Care by providing strategic counsel and working with the Tanzanian government, local contractors and organizations to oversee the program on a day-to-day basis.

Tanzania Care involves the renovation and modernization of the Muhimbili National Hospital, and the extension of HIV voluntary counseling and testing (VCT) services to the country's 21 regional hospitals. One of the primary goals of the new program is to assist the national hospital in establishing itself as a "Center of Excellence" and restoring its role as the country's primary research, referral and teaching facility. This multi-year, multi- million dollar initiative will include:

-- Creating a management structure, department organization, budget

process, planning cycle and financial controls within the Muhimbili

National Hospital;

-- Increasing the capacity of Tanzania's 21 regional hospitals to provide

VCT services as well as prophylaxis and treatment of opportunistic

infections;

-- Building a new outpatient clinic at the national hospital that

includes an HIV day care center, teaching facilities, and

counseling/psychosocial support facilities;

-- Renovating and completely upgrading the national hospital's clinical

laboratories;

-- Training health care staff in HIV care and treatment; reviewing and

updating the curriculum for physician, nursing and other paramedical

staff at the Muhimbili Medical College, which is affiliated with the

national hospital; and

-- Upgrading information technology, security, waste management and health

information systems throughout the hospital.

In 2003, Tanzania Care is initially focusing largely on making structural/organizational improvements at Muhimbili National Hospital and increasing capacity for VCT services to five of the 21 regional hospitals. In the years ahead, the program will enhance testing services at all 21 hospitals.

"The modernization of Muhimbili National Hospital is a vital advancement in Tanzania's fight against HIV/AIDS," said Ms. Anna M. Abdallah, Tanzania's Minister of Health. "We are in great need of support to strengthen our national health care system to help Tanzanians living with HIV/AIDS in the country's urban and rural areas. The government of Tanzania is committed to working within the government as well as with dedicated private sector partners, such as Abbott, to significantly enhance the quality and reach of our health care services."

Creating a "Center of Excellence" in Tanzania

Located in the capital city of Dar es Salaam, Muhimbili National Hospital is a 1,400-bed facility and the largest hospital in Tanzania. Serving four million people living in the Dar es Salaam region, the Muhimbili National Hospital is the main referral and teaching hospital, as well as the national reference laboratory for the country. The role of the national hospital as a reference hospital has decreased in recent years, because of a lack of resources and funding. With the introduction of antiretroviral therapy in Tanzania, the national referral system will be further challenged.

"Through Tanzania Care, Abbott Laboratories is committed to building sustainable health care infrastructure models to more effectively manage all aspects of HIV treatment, care and prevention," said Miles D. White, chairman and chief executive officer, Abbott Laboratories. "Public and private collaboration models that can positively address the needs of the current health care systems in developing countries will continue to be an essential tool in fighting the HIV/AIDS pandemic."

Axios will work with government officials, local contractors and national hospital staff to manage and execute the renovations through 2007. As part of the Tanzania Care program, Abbott Laboratories is providing the time and talents of employee volunteers. These specialized volunteers are lending technical support in the areas of engineering, waste management, health care management and information technology.

"Modern facilities and the restoration of Muhimbili's role as the national research and referral facility will enable a more efficient health care infrastructure and allow us to provide better, more advanced care for Tanzanians living with HIV/AIDS and other serious illnesses," said Dr. Edward Ngwalle, acting CEO of Muhimbili National Hospital. "Our goal is to become a Center of Excellence for HIV care in the country and in the surrounding regions."

Ongoing Efforts to Fight HIV/AIDS

Through its Global Care Initiatives, which include Tanzania Care, Step Forward, Abbott Access and the Determine® HIV Testing Donation program, Abbott and the Abbott Laboratories Fund are working to fight HIV/AIDS in the developing world, where the pandemic has hit the hardest and where the need for assistance is greatest.

While Tanzania Care addresses the infrastructure issue directly, Abbott Access provides Abbott's rapid HIV test and protease inhibitors to people living with HIV/AIDS in the developing world, at a loss to Abbott. Abbott's Determine® HIV Testing Donation Program is donating up to 20 million rapid HIV tests free of charge to qualified programs working to prevent mother-to- child transmission (PMTCT) of HIV. In addition, the Step Forward program provides support to programs serving orphans and vulnerable children in Tanzania, Burkina Faso, India and Romania.

As a global corporation, Abbott Laboratories has the opportunity and responsibility to extend its core expertise, products, and people for the most positive impact in the world. The company continues to seek the right balance in meeting financial, environmental and social responsibilities by continuing to contribute in meaningful ways toward solving global problems.

Abbott Laboratories is a broad-based health care company devoted to the discovery, development, manufacture and marketing of pharmaceuticals, nutritionals, and medical products, including devices and diagnostics. The company employs more than 70,000 people and markets its products in more than 130 countries.

Additional information about the Tanzania Care program is available www.tanzaniacare.org .

Abbott's news releases and other information are available on the company Web site at www.abbott.com . SOURCE Abbott Laboratories


L'Observateur Paalga (Burkina Faso)

Lutte contre le sida : ALAVI met le cap sur la transmission mère-enfant

Philippe Bama

L'association ALAVI a procédé le jeudi 18 septembre 2003 dans la salle de conférences du district sanitaire du secteur 30 (à Ouagadougou), au lancement officiel de son plan intégré de communication sur la Prévention de la transmission mère-enfant (PTME).

Diverses activités sont prévues dans le cadre de la mise en oeuvre dudit plan à l'initiative de l'association ALAVI; il s'agit entre autres de causeries éducatives, de sensibilisation de porte en porte, de production de documentaires vidéo ou encore de rencontres de plaidoyer avec des chefs, délégués de quartiers au secteur 30.La "transmission verticale" ou celle de la mère à l'enfant est d'un taux de 25 à 30%, comme l'a relevé le chef du district sanitaire docteur Charlemagne Ouédraogo.Assurer la disponibilité et la qualité des prestationsLa présidente de l'association Laure Salembéré est revenue sur les engagements de ceux qui, durant la période de septembre 2003 à janvier 2004, aideront à la réalisation des buts qu'ils se sont assignés : assurer la disponibilité et la qualité des prestations pour la prévention de la transmission mère-enfant du VIH dans les sites d'intervention; accroître le niveau de connaissances des prestataires de 41 à 90%; développer un mécanisme de suivi/évaluation du programme et surtout amener au moins 5% des femmes enceintes vues en consultations prénatales à réaliser le test de dépistage volontaire. C'est dire que les premiers interlocuteurs de ces 4 mois d'activités, qui s'inscrivent dans un vaste projet qui durera trois années, seront les couples déjà mariés ou ceux prêts à le faire.

Sélectionné par le ministère de la Santé pour mener le programme de transmission mère-enfant, le district sanitaire du secteur 30 couvre une population de plus de 425 000 habitants; avec une trentaine de CSPS dont six ont été retenus durant cette période.L'Association ALAVI entend ainsi se donner les chances d'une mise en oeuvre réussie de son plan; surtout grâce aux différents équipements dont dispose ce centre : matériel médico-chirurgical, des motos Yamaha pour l'acheminement des prélèvements et résultats; la mise à disposition de kits de réactifs pour le dépistage, des boîtes de néviropine en comprimés et sirop. Deux heures d'horloge pour un entretien avec la presse écrite et audivisuelle, marquées par une longue série de questions-réponses sur divers points concernant la mise en oeuvre de ces quatre mois d'activités. Toutes les dispositions semblent prises pour de bons résultats avec une participation accrue des populations du secteur 30 et environnants, cibles privilégiées dudit plan.


Sidwaya (Burkina Faso)

Ensemble contre le Sida : association Laafi la viim (Alavi) : un vaste programme pour prévenir la transmission mère-enfant du VIH

Charles Ouedraogo

L'Association laafi la viim (Alavi) a lancé une vaste opération de son Plan intégré de communication (PIC) de prévention de la transmission mère-enfant (PTME) du VIH dans le district sanitaire du secteur n° 30 de Ouagadougou. A l'occasion, Alavi a convié la presse, jeudi 18 septembre 2003, à une conférence au district sanitaire du secteur 30 de Ouagadougou.

Le Plan intégré de communication (PIC) de Alavi est un ambitieux programme de trois (3) ans. Sa première phase (octobre-décembre 2003) qui a été lancée jeudi 18 septembre 2003 concerne le district sanitaire du secteur n° 30 de Ouagadougou et le secteur n° 22 de Bobo-Dioulasso. Les objectifs du PIC, a soutenu Mme Laure Salambéré, présidente de Alavi, dans sa déclaration sont entre autres de développer l'adhésion des populations aux activités de PTME à travers des actions de communication, promouvoir la prévention de la transmission mère-enfant du VIH, renforcer la capacité de Alavi en matière de gestion et de suivi-supervision des activités du PIC/PTME.

Le PIC est une nouvelle approche mise en place dans les années 90. C'est un processus de recherche et de planification qui vise la transformation sociale. Le PIC s'opère autour de trois principales stratégies : le plaidoyer, la mobilisation sociale et la communication pour le changement de comportement. En adoptant cette approche, Alavi entend combiner ces trois stratégies pour mieux toucher ses cibles que sont les autorités politiques et administratives, les leaders et décideurs locaux, les ONG et associations, les réseaux, les individus, les familles, les populations. A travers son action, Alavi veut assurer la disponibilité et la qualité des prestations pour la prévention de transmission mère-enfant du VIH dans les sites d'intervention. Elle entend aussi assurer l'accessibilité financière des prestations de PTME à toutes les cibles primaires et amener au moins 5 % des femmes enceintes vues en consultation prénatale à réaliser le test de dépistage volontaire du VIH d'ici 2005 dans les sites d'intervention.

Pour atteindre ses objectifs, Alavi s'appuiera sur le théâtre-forum, des projections de films, des animations musicales, des émissions radios, des documentaires, du porte en porte etc. Pour mener à bien sa mission, Alavi travaille en partenariat avec l'UNICEF, le SP/CNLS/IST, la DSF, des associations de lutte contre le Sida, des troupes de danse et de théâtre, des radios.

PALUDISME
RADIO FRANCE INTERNATIONALE

L’investissement de Bill Gates contre le paludisme

Bill Gates, l’homme le plus riche du monde, poursuit une tournée en Afrique australe. Lundi le fondateur de Microsoft et sa femme Melinda étaient à Johannesburg en compagnie de Nelson Mandela, pour appeler à «une nouvelle révolution sociale» dans la lutte contre le virus du sida. La fondation Bill et Melinda Gates est la plus importante œuvre de bienfaisance au monde avec un capital de 25 milliards de dollars. Depuis sa création en 1994, la fondation a donné plus de trois milliards de dollars à des programmes de santé dans les pays en développement. Elle est notamment très engagée dans la lutte contre le paludisme.

A Hillbrow, quartier pauvre de Johannesburg, les Gates ont visité un hôpital qui accueille des malades du sida, ainsi qu’un centre de recherche sur les produits susceptibles de prévenir la transmission du virus HIV. En matière de lutte contre le sida, Bill et Melinda Gates ont donné quelques 500 milliards de dollars pour la recherche, et financent le programme national qui procure des médicaments antirétroviraux à 8000 personnes au Botswana, prochaine destination du multimillionnaire après l’Afrique du Sud.
Mais l’annonce la plus importante faite par Bill et Melinda Gates dans leur périple africain de quatre jours, suivi par une vingtaine de journalistes, concerne le paludisme. Au Mozambique, la fondation a annoncé une contribution de 168 millions de dollars, soit le double de ce qui a été jusqu’à présent versé dans le monde pour la lutte contre cette épidémie.
«Il est temps de considérer le paludisme comme la crise qu’il est réellement», a déclaré Bill Gates au centre de recherche de Manhiça à 80 kilomètres de Maputo, ajoutant qu’il était «inacceptable» que 3000 enfants meurent chaque jour de cette maladie.

Pour la première fois en vingt ans, le paludisme connaît une recrudescence et tue plus d’un million de personnes par an. La résistance aux médicaments pour le combattre est l’une des causes de cette résurgence. Les experts estiment que dans certaines régions d’Afrique jusqu’à 80 % des populations ont développé une résistance à la chloroquine, le médicament le moins coûteux.
«Nous aurions pu donner notre argent à d’autres causes», explique Bill Gates, «mais nous voulons que l’investissement porte ses fruits à long terme», a-t-il poursuivi après avoir pris dans ses bras deux enfants mozambicains qui reçoivent un traitement anti-paludisme au centre de Manhiça, lors d’une séance photos pour les médias.
Pour «faire la différence», les Gates ont donc investi dans trois domaines. Vingt-huit millions de dollars vont financer une nouvelle stratégie de prévention sur cinq ans. Le principe est de donner un médicament anti-paludisme aux enfants, pendant leur première année, en traitement préventif. Selon la fondation, le traitement peut réduire jusqu’à 59% l’incidence de paludisme chez les enfants, très vulnérables à cet âge.

«Sincère dans son engagement»

Deuxième volet: le développement de nouveaux types de médicaments pour lutter contre les résistances. Quarante millions de dollars vont ainsi aller à un partenariat public-privé qui a établi son siège à Genève, en Suisse. Enfin, cent millions de dollars sur quatre ans sont consacrés au développement de plusieurs vaccins par le Paludisme Vaccine Initiative de Seattle, aux Etats-Unis.
«L’investissement dans la recherche contre la paludisme n’est pas suffisant», a commenté Jong-Wook Lee, Directeur-Général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). «Cette contribution permettra aux chercheurs de poursuivre leurs travaux, et de rapidement évoluer des laboratoires au terrain».
Pour le personnel du centre de recherche de Manhiça, choisi par la fondation Gates, et créé par des scientifiques espagnols, la contribution va bien au-delà du centre régional. «Commercialement le paludisme n’est pas un marché intéressant pour les laboratoires, parce qu’elle touche des pays pauvres. D’où l’importance de ce genre d’intervention qui va nous permettre aussi d’attirer des scientifiques et de former des Mozambicains à la lutte contre le paludisme», explique Gonzalo Vicente, administrateur du centre de Manhiça.
Il faudra attendre un an pour voir les premiers résultats concrets du traitement préventif donné aux enfants de Manhiça, dont les chercheurs guettent avec appréhension tout risque de résistance au médicament. Quant aux vaccins, on parle de quatre à dix ans.
Certains estiment que les vaccins ne se matérialiseront jamais et qu’il est plus utile d’investir dans des moustiquaires ou des sprays. Mais Bill Gates, un passionné de biologie, se déclare confiant que, tout comme pour la poliomyélite ou la rougeole, la paludisme aura son vaccin.
Le tour de charme du géant de l’informatique n’est pas sans entraîner certaines critiques. Il a été tour à tour accusé de chercher à redorer son image après la série de procès anti-trusts contre Microsoft et de vouloir payer moins d’impôts en donnant son argent à de nobles causes. Des critiques qui laissent froid Quique Bassat, médecin au centre de Manhiça; «quelque soit la raison initiale, je pense qu’il est sincère dans son engagement contre le paludisme, et cette contribution sera déterminante pour nous».
STÉPHANIE SAVARIAUD


Cameroon Tribune (Yaoundé)

Chronique : Une lueur d'espoir

Makon Ma Pondi

A n'en point douter, la subvention accordée l'autre jour par Bill Gates et sa fondation en faveur de la lutte contre le paludisme constitue un fait sans précédent dans l'histoire des relations internationales, plus particulièrement dans la coopération Nord-Sud.

Qu'il suffise pour cela de relever que ce don est en valeur supérieure aux engagements de son pays, les Etats-Unis, et de l'Europe réunis dans le même domaine.

Le geste de M. Gates est d'autant plus éclatant à nos yeux que la malaria, à la différence par exemple du Sida, concerne quasi exclusivement les pays du Sud, l'Afrique en tête. En tout cas, à l'exclusion des continents américain et européen qui n'ont donc aucune retombée directe à attendre des recherches financées par sa subvention. Voici donc un citoyen, fût-il le plus fortuné de la planète dont la solidarité agissante envers les pays déshérités va au-delà des déclarations d'intention stériles. Ici, les actes sont encore plus éloquents. Il est même juste dire que seuls doivent être pris en compte les actes concrets.

En effet, les discours généreux des années 70 sur la nécessité d'instaurer un nouvel ordre économique international (NOEI) plus juste ont débouché - paradoxe saisissant - sur un accroissement de la pauvreté dans le Tiers-monde. C'est que les termes de l'échange n'ont cessé de se dégrader en défaveur de la " périphérie ". L'aide publique au développement que les pays industrialisés s'étaient solennellement engagés à porter à 0,7 % de leur PIB n'a jamais dépassé, pour les plus généreux, 0,35 %. On nous a plutôt gavés de bonnes paroles, comme si celles-ci pouvaient vaincre notre misère.

Il faut souhaiter et espérer que la décision louable et salutaire du magnat américain inaugure une nouvelle ère, ouvre définitivement la voie d'une meilleure prise en compte par les opinions nationales et les gouvernements des pays industrialisés de l'horreur de la maladie, de la misère. On notera s'agissant du paludisme au Cameroun que cette endémie représente la première cause de mortalité (devant le Sida), surtout chez l'enfant. Selon le Pr. Albert Same Ekobo, la malaria est chaque année à l'origine d'une morbidité de 2 millions de cas notifiés, ce qui, précise le parasitologue, est loin de la réalité seuls 25 % à peine des cas de paludisme étant déclarés. Puisse la lueur d'espoir que constitue l'exemple de Bill Gates faire des émules afin que la lutte contre la pauvreté transcende les clivages raciaux et autres pour devenir une préoccupation partagée de tous les hommes.

Bill Gates déclare la guerre au paludisme


Cameroon Tribune (Yaoundé)

23 Septembre 2003

Athanase Bessala


L'homme le plus riche du monde offre environ 109 milliards de francs CFA à la lutte contre la pandémie.

Le fondateur du numéro un mondial des logiciels Microsoft, Bill Gates, a déclaré dimanche au Mozambique où il était en séjour, la guerre au paludisme. L'Américain a fait don d'environ 109 milliards de francs CFA pour la lutte contre le paludisme, une maladie qui tue plus d'un million de personnes par an, pour la plupart sur le continent noir. Cet argent sera utilisé dans le cadre de la prévention de la maladie, des programmes de soins et la recherche de médicaments plus efficaces pour combattre ce fléau.

Le paludisme est la maladie la plus meurtrière au Mozambique devant le VIH/Sida. Lors d'une visite dans un centre de recherches sanitaires de Manhica (70 kilomètres au nord de la capitale Maputo) Bill Gates a déclaré que cette somme "contribuerait à la réduction de la mortalité infantile au Mozambique".

Pour le PDG de Microsoft, le paludisme prive l'Afrique de ses hommes et de son potentiel. Selon lui, il convient de traiter le paludisme comme une crise. Le paludisme est la principale cause de mortalité en Afrique avec le Sida, tuant environ 3.000 enfants par jour et coûtant au continent le plus pauvre de la planète environ 7 200 milliards de FCFA par an en revenus perdus.

La subvention annoncée par Bill Gates et sa fondation dépasse les 60 milliards de F.CFA alloués en tout chaque année à la recherche sur le paludisme. Cet argent servira à financer des recherches sur de nouvelles stratégies pour la prévention du paludisme chez les enfants, sur de nouveaux vaccins et de nouveaux médicaments. Au Mozambique, la fondation Bill Gates financera un centre de recherche sur le paludisme à Manhica. Bill Gates, riche d'environ 41 milliards de dollars, effectue actuellement une tournée en Afrique pour visiter des projets financés par sa fondation.


MEDECINE TRADITIONNELLE
Le Soleil (Dakar)

Médecine traditionnelle : une loi bientôt devant l'assemblée nationale

Le ministre de la Santé et de la Prévention, le Dr Issa Mbaye Samb, a annoncé, samedi à Keur Mbaye Fall (région de Dakar), qu'une loi réglementant la médecine et la pharmacopée traditionnelles sera bientôt soumise à l'Assemblée nationale en vue de son adoption.

Le ministre de la Santé, qui présidait ainsi la cérémonie de célébration de la Journée africaine de médecine traditionnelle a également plaidé pour une collaboration accrue entre la médecine moderne et celle traditionnelle. Il a qualifié cette collaboration de bénéfique pour les populations, du fait des richesses potentielles des guérisseurs et des plantes médicinales.

Il s'est déclaré séduit par tous les efforts fournis dans la recherche et le développement de médicaments traditionnels améliorés à partir de principes actifs de plantes médicinales dûment testés dans la rigueur scientifique, dans le cadre d'une collaboration entre pharmaciens et phytothérapeutes.

Il a réaffirmé la volonté de l'Etat de soutenir et développer les médecines traditionnelles en leur octroyant un cadre officiel d'évolution et une participation plus grande dans les politiques de prévention de la maladie.

Le représentant de l'OMS, le Dr Yankalbé, a, lui, annoncé que l'OMS exhortait les Etats membres à reconnaître officiellement la médecine traditionnelle et de lui octroyer une place pour les tradipraticiens qualifiés dans les soins de santé primaires dans le cadre d'orientations bien définies.

Cette célébration a vu la participation de plusieurs organisations très actives dans la promotion des médecines traditionnelles dont notamment PROMETRA, Enda Tiers-Monde, CCTAS de Pout, l'hôpital traditionnel de Keur Massar, l'association "Guestü" et le groupe de recherche sur les plantes médicinales de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l'UCAD. Il y avait également les célèbres "Saltigués" guérisseurs de la région de Fatick, qui étaient venus pour des démonstrations de leur culture traditionnelle.