FRANCOPHONIE
AVENIR DE LA FRANCE

 

Assemblée Nationale le 17 novembre 2005 - Déclaration de Monsieur Kenneth Johnson


L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) est une institution fondée sur le partage d’une langue et de valeurs communes. Elle compte, depuis son Xe Sommet à Ouagadougou, 49 Etats et gouvernement membres, 4 associés et 10 observateurs, soit une population de plus de 500 millions de femmes et d’hommes.
Elle conduit des actions dans les domaines de la politique internationale et de la coopération multilatérale. Le Secrétaire général, Monsieur Abdou Diouf est chargé de la mise en oeuvre de la politique internationale ainsi que de l'animation et de la coordination de la politique de coopération.
Les chefs d'Etat et de gouvernement se réunissent tous les deux ans en Sommet qui donne les grandes orientations politiques à la Francophonie.
Les acteurs de l'OIF sont appelés " opérateurs ", ils mettent en œuvre les décisions prises par le Sommet en fonction de leurs domaines de compétences.
Avant toute chose, permettez-moi de remercier les chefs d’Etat et de gouvernement pour m’avoir accordé leur confiance en qualité de Président Médiateur pour les problèmes de la sous région lors du Xe Sommet de la Francophonie à Ouagadougou.

Pour rendre à César ce qui appartient à César je vais commencer mon exposé en adressant mes remerciements à Monsieur Stélio Farandjis, ancien secrétaire général du Haut Conseil de la Francophonie, pour sa contribution discrète et exemplaire.

Je voudrais vous rappeler que le français était en Angleterre la langue officielle pendant plusieurs siècles au Moyen Age et langue internationale de diplomatie aux foires de Champagne comme lors des croisades et des Jeux Olympiques à ce jour.

Le mot « Francophonie » n’est pour ainsi dire pas employé pendant la période coloniale, d’autre part la francophonie n’a pas été un argument pour justifier la colonisation. Il a été marqué par une singulière polysémie. Trois significations peuvent être distinguées :

1°) d’un fait brut de démographie linguistique : la répartition d’un nombre de personnes s’exprimant en français ou ayant la possibilité dès que l’occasion se présente (Français langue maternelle ou langue étrangère) ;

2°) la signification politique, c’est une volonté de s’organiser sur le plan associatif intergouvernemental ou diplomatique à partir du critère francophone.

Notons que cette effervescence associative des années 60 se poursuit encore aujourd’hui et dans des secteurs très variés de tout l’univers francophone.

3°) il y a enfin la signification philosophique ou spirituelle, c’est l’idée ou, mieux encore, l’idéal de la Francophonie, tel que le Président Senghor l’a exprimé dès 1962. « un humanisme intégral qui se tisse autour de la terre, une symbiose des énergies dormantes de toutes les races et de tous les continents qui se réveillent à leur chaleur complémentaire » aujourd’hui, quand les langues et les cultures de l’espace francophone se mêlent dans la musique, le théâtre, la littérature, le cinéma et la vie en commun avec un esprit de dialogue ou de métissage, cet idéal symbiotique devient une réalité vivante pour toutes nos provinces, nos banlieues, nos écrans et nos antennes

Il faut dire que la Francophonie est elle-même un exemple vivant du mariage de l’unité et de la diversité, une véritable « Francopolyphonie » puisque la langue française s’enrichit par les créations multiples de ses copropriétaires ; qu’elle véhicule des univers culturels très divers grâce à la chanson, le théâtre, la poésie, le roman ; qu’elle se marie avec les langues créoles, l’arabe, le berbère, les langues africaines et celles de l’ex-Indochine, à l’école, dans les médias et toute la société.

Au Comité Europe-Afrique nous accompagnons les actions Francophones en faveur de la paix, du développement, de la démocratie, à la prévention des conflits et au soutien à l’état de droit et des personnes en particulier Les plus démunis.

Nous rappelons aussi la nécessité d’accompagner notre fonds de soutien d’urgence dont l’objectif vise la création d’emplois, la lutte contre la criminalité transnationale, la protection des enfants et les nombreuses pandémies (SIDA – Paludisme – campagnes de vaccinations etc. …)

Je ne peux manquer de rappeler à l’heure du Sommet Mondial sur les nouvelles technologies à Tunis que c’est bien notre organisation à travers la francophonie qui a parlé pour la première fois de fractures numériques.- Il s’agit, pour les pays PPTE d’avoir accès aux nouvelles technologies (Internet) a des prix raisonnables.

Je rappelle qu’à ce jour le téléphone et l’internet, comme les médicaments, coûtent plus chers dans les pays pauvres.

L’actualité récente de la France qui brûle, les foyers, les logements insalubres, les discriminations professionnelles ainsi que la révolte des jeunes nous rappellent le travail qui nous reste à accomplir.

Pour répondre concrètement à cette situation, conformément aux OMD et aux nombreuses déclarations des instances officielles, des chefs d’Etat et de gouvernement, le Comité Europe-Afrique mettra prochainement en place des actions multilatérales, avec des partenaires financiers et le soutien de la Francophonie, une carte bancaire accessible à tous, sans exclusif. C’est une réponse claire, à la demande massive de respect, de dignité, sans oublier l’intérêt que pourrait apporter ce système à la création d’entreprise à 1 euro initiée par le Ministre Renaud Dutreil, sans occulter l’intérêt de la traçabilité en matière de sécurité globale.

Comme l’a indiqué le chef du gouvernement Dominique De Villepin, nous avons besoin de tous les acteurs face à cette crise. Et c’est uni que le Président de la République M. Jacques Chirac, le Ministre de l’intérieur, M. Nicolas Sarkozy, et la majorité des décideurs responsables ont condamné et condamnent les récentes émeutes.

Le XXIIIe sommet Afrique – France (3-5 décembre 2005 à Bamako - MALI), ainsi que les Ve Jeux de la Francophonie (7 – 17 décembre 2005 au NIGER), et la fête de la Francophonie, le 20 mars 2006, devraient être des repères pour célébrer la Francophonie en tant qu’idéal de dialogue et de solidarité, pour chanter cette grande fraternité qui annonce l’éveil et les traditions de la francité.

La francophonie est le fruit de l’histoire, une richesse culturelle pour tous les continents, un atout considérable pour la mondialisation, et pour se comprendre il faut d’abord comprendre que l’on ne se comprend pas. C’est dans l’expérience de cette incompréhension que réside la clé de la communication pour l’avenir.

Notre organisation proposera un grand rassemblement Europe – Afrique pour manifester notre solidarité Républicaine. A l’heure de cette grande mobilisation je veux croire que la Francophonie reste une chance et l’avenir de la France.